La porcelaine veut son label «Made in Limoges»

CONSOMMATION L'origine géographique des produits manufacturés pourrait avoir son label...

Audrey Chauvet

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 Benoît Hamon à Limoges, le 17 juin 2013.
 Benoît Hamon à Limoges, le 17 juin 2013. — A. Chauvet/20Minutes

 «Labelliser le vrai»: Benoit Hamon, le ministre délégué à la consommation, était à Limoges ce lundi pour présenter le projet d’indication géographique protégée (IGP) pour les produits manufacturés. Inclus dans le projet de loi sur la consommation qui sera débattu la semaine prochaine à l’Assemblée nationale, ce label permettrait de distinguer les produits fabriqués dans leur région d’origine de ceux qui en usurpent l’appellation.

A Limoges, les porcelainiers connaissent bien le problème: des assiettes «Style Limoges» aux tasses «Limoge» (sans «s»), leur savoir-faire est largement copié.  «De telles allégations laissent entendre que le produit est fabriqué au moins pour partie sur place, estime Benoit Hamon. On ne peut pas laisser le consommateur être dupé ainsi.»

«Concurrence déloyale»

C’est aussi la survie de toute une industrie qui pourrait dépendre de cette IGP. «Les porcelainiers sont victimes d’une concurrence déloyale», pense le ministre. «Ce serait une reconnaissance du nom que nous avons créé, juge Lionel Delaygue, directeur de Royal Limoges. Mais ici, la main d’œuvre est chère et cela nous obligera à rester dans le haut de gamme.» Voilà qui ne devrait pas déranger Haviland, fournisseur de la vaisselle du Ritz et la Maison Blanche, où l’on se réjouit de la création d’une IGP pour exporter le luxe à la française.

Pourtant, ici aussi, les effectifs se sont réduits avec le temps et on doute que le label suffise à rapatrier les usines. Christian, modeleur chez Haviland depuis douze ans, en est à son quatrième employeur. «Tous ont fermé, confie-t-il. Si j’avais vingt ans de moins, je changerais de métier».