Orange: Stéphane Richard est-il vraiment soutenu par ses salariés?

SOCIAL Le conseil d'administration, dans lequel siègent trois syndicats de salariés, se prononce lundi sur le maintien de Stéphane Richard à son poste de PDG...

C.B.

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Le nouveau siege de la société de télécommunications Orange, le 14 janvier 2013.
Le nouveau siege de la société de télécommunications Orange, le 14 janvier 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

«Qu'est-ce qui déstabilisera le moins le groupe: garder un PDG mis en examen ou le débarquer?» C’est à cette question que doit répondre lundi le conseil d’administration d’Orange. Et a priori, le PDG en question, Stéphane Richard, mis en examen le 12 juin dernier pour escroquerie en bande organisée dans l'affaire de l'arbitrage favorable à Bernard Tapie, devrait conserver son poste. C’est ce qu’affirment en tout cas ce dimanche le JDD et le site du Monde.

Car l’homme bénéficie de plusieurs soutiens au sein du conseil d’administration, dont il est d’ailleurs l’un des quinze membres. D’après Le Monde, au moins quatre des sept administrateurs indépendants voteraient pour son maintien. Tout comme les trois administrateurs représentant l’Etat -actionnaire de l’opérateur à hauteur de 27%.

Toujours d’après Le Monde, le gouvernement aurait en effet pris la décision de soutenir le PDG. Une position notamment défendue par le ministre de l'Économie, Pierre Moscovici. Rappelons que vendredi, François Hollande avait assuré que le «seul critère» du maintien de Stéphane Richard à la tête d’Orange serait «l'intérêt de l'entreprise, de ses salariés et de ses clients».

 Un maintien contraire à «la moralisation de la vie publique»

Le vote serait donc plié en faveur de Richard, malgré la probable désapprobation d’au moins deux des trois syndicats de salariés qui siègent également au conseil d’administration. Car si la CFDT est pour le maintien du PDG, ce ne semble pas être le cas de la CGT et de Sud. Pour ce dernier syndicat, un tel maintien serait contraire à «la moralisation de la vie publique». Un point qui agace également le journaliste Daniel Schneidermann: «Tardive mais délicieuse découverte: un escroc a donc le droit d’escroquer, même en bande organisée, pourvu qu’il soit «un bon patron» (…). C’est un nouveau critère, qu’il importe d’insérer d’urgence dans le code pénal».

D’ailleurs, si la direction et les cadres du groupe sont majoritairement favorables au maintien de Stéphane Richard -la CFE-CGC a même fait circuler une pétition en interne- le soutien est nettement moins massif aux échelons inférieurs. Dans leur ensemble, les salariés reconnaissent que Stéphane Richard a su calmer une atmosphère devenue explosive lors des années Didier Lombard, marquées par les suicides.

Ils lui sont notamment reconnaissants d’avoir mis fin aux mobilités et aux restructurations forcées. Pour autant, ils sont nombreux à se dire déçus par la faiblesse des recrutements et de l’intéressement qui leur est versé. D’après un reportage effectué par Le Monde, le soutien au patron serait encore plus mesuré dans les boutiques, où les vendeurs ont du mal à tenir leurs objectifs, crise et concurrence Free obligent.