Vinexpo ouvre, le Foll demande aux producteurs de la transparence face à Pékin

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Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a inauguré dimanche à Bordeaux le plus grand salon mondial des vins et spiritueux, Vinexpo, en appelant la filière à une "transparence totale", face aux soupçons de dumping émis par la Chine alors que la France a plus que jamais besoin d'équilibrer sa balance commerciale.
Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a inauguré dimanche à Bordeaux le plus grand salon mondial des vins et spiritueux, Vinexpo, en appelant la filière à une "transparence totale", face aux soupçons de dumping émis par la Chine alors que la France a plus que jamais besoin d'équilibrer sa balance commerciale. — Nicolas Tucat AFP

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a inauguré dimanche à Bordeaux le plus grand salon mondial des vins et spiritueux, Vinexpo, en appelant la filière à une «transparence totale», face aux soupçons de dumping émis par la Chine alors que la France a plus que jamais besoin d'équilibrer sa balance commerciale.

«Le vin pour la France c'est un atout majeur dans l'économie nationale et surtout dans la capacité que nous avons à tenter de rééquilibrer une balance commerciale dont on sait qu'elle est extrêmement dégradée», a souligné M. le Foll, alors qu'en 2012, les exportations de vins et spiritueux ont encore battu des records, atteignant en valeur 11 milliards d'euros de chiffres d'affaires, soit le deuxième poste après l'aéronautique.

Le ministre s'exprimait après le lancement par la Chine d'une enquête antidumping sur les vins importés de l'UE, en réponse à la décision de Bruxelles d'imposer des taxes provisoires sur les importations de panneaux solaires, de cellules photovoltaïques et de composants chinois.

Il a appelé l'ensemble des producteurs et négociants à «une transparence totale», car, selon lui, «il n'y a pas de risque de découvrir des aides qui seraient des subventions directes à l'exportation».

Évoquant également l'ouverture de négociations commerciales entre l'Union européenne et les États-Unis, M. Le Foll a tenu à souligner que «le vin n'est pas un produit comme les autres», faisant ainsi référence, sans la citer, à l'exclusion de l'audiovisuel du mandat de négociations.

Selon le ministre, le vin «a bien entendu une dimension économique et commerciale» mais «il porte aussi d'autres valeurs». Il est «une culture, une manière de vivre, une manière de penser la vie qui doit être valorisée comme telle à travers les produits, le terroir, et le lien historique qui existe entre la table et le vin».

Le maire UMP de Bordeaux, Alain Juppé, a assuré qu'il comptait sur «la pugnacité du ministre dans ces négociations» car la filière viticole revêt «un enjeu majeur pour l'économie régionale et nationale».

Le ministre a tenu à longuement féliciter les organisateurs de ce salon, «qui a connu une croissance sans discontinuité», rappelant les 2.400 exposants venus de 40 pays.

Quelque 45 à 50.000 visiteurs de 120 pays sont attendus sur les 95.000 mètres carrés d'exposition du Palais des congrès de Bordeaux où Vinexpo est devenu depuis son lancement en 1981 une vitrine exceptionnelle des produits du monde entier et une plateforme d'échanges commerciaux où se croisent vendeurs, acheteurs et prescripteurs.

«Tout ce que la planète vins et spiritueux compte de producteurs, d'importateurs, de grossistes, de distributeurs, d'acheteurs, de grandes enseignes internationales, de sommeliers et de restaurateurs seront présents à Bordeaux pour ce qui est le plus grand rassemblement mondial de la filière», a expliqué le président de Vinexpo Xavier de Eizaguirre.

«Le secteur est assurément comme tous les autres, affecté par la crise», a dit M. Eizaguirre, tout en soulignant que le commerce du vin «bénéficie néanmoins de la croissance sans discontinuer de la consommation».

«Si certains marchés se contractent, notamment dans l'Ancien Monde où l'on boit moins mais mieux, d'autres en revanche s'ouvrent. La Chine, la Russie, l'Inde et même le Nigeria s'ouvrent et offrent des perspectives d'exportation sans précédent», a-t-il expliqué, souhaitant, en référence aux conflits commerciaux entre Europe et Chine, «qu'aucune guerre commerciale ne vienne hypothéquer ces perspectives».

C'est sans doute dans un souci d'éviter toute tension avec la Chine que M. Le Foll a dénoncé publiquement dimanche l'agression de six étudiants chinois en oenologie, dans la nuit de vendredi à samedi en Gironde.

«C'est un acte inqualifiable. C'est l'image de la France qui est abîmée avec ces attitudes xénophobes. Je fais confiance à la justice qui a maintenant en charge ce dossier pour que les sanctions soient rapidement données», a-t-il notamment déclaré.