Salon du Bourget: Qui achète encore des avions?

AÉRONAUTIQUE lors que le salon du Bourget se tient du 17 au 23 juin, retour sur un secteur qui ne connaît pas la crise, mais qui pourrait bien être une bulle...

Céline Boff

— 

Le nouvel A350-900 d'Airbus sur l'aéroport de Toulouse-Blagnac, le 11 juin 2013.
Le nouvel A350-900 d'Airbus sur l'aéroport de Toulouse-Blagnac, le 11 juin 2013. — AFP PHOTO / ERIC CABANIS

Le plus grand salon aéronautique au monde ouvre ses portes ce lundi au Bourget, près de Paris. Réservé aux professionnels jusqu’à jeudi, le grand public est attendu dès vendredi et jusqu’à dimanche pour cette 50ème édition, qui verra la démonstration en vol de plus d’une vingtaine d’appareils.

Des aéronefs qui s’arrachent: cette année, les compagnies aériennes dépenseront pas moins de 100 milliards de dollars pour renouveler ou étoffer leur flotte. Et les prévisions sont au beau fixe. Avec la progression du trafic passager (+5% par an) et celle du transport de fret (également +5% annuels), la flotte mondiale devrait doubler dans les vingt ans qui viennent. Elle passerait de 20.310 en 2012 à 41.240 appareils en 2032, avance une étude réalisée par Boeing.

Sur cette période, entre les remplacements des vieux avions et les nouvelles acquisitions, plus de 35.000 avions neufs devraient être vendus. Ce qui représente un très alléchant marché de quelques 4.800 milliards de dollars (3.600 milliards d’euros).

Les compagnies asiatiques ont la fièvre acheteuse

Mais qui va acheter ces avions? Les plus gros clients sont de loin les compagnies des pays asiatiques et du Pacifique. Entre 2013 et 2032, elles vont presque tripler leur flotte -de 5.090 appareils à quelques 14.750. Ce qui passera par l’achat de quelques 12.820 avions neufs.

Si les compagnies européennes possèdent la troisième flotte mondiale (4.390 appareils, 8.010 attendus en 2032), elles seront le deuxième plus grand acheteur dans les vingt ans qui viennent: elles devraient acquérir 7.460 avions, contre «seulement» 7.250 pour l’Amérique du Nord (6.590 avions aujourd’hui, 8.810 attendus en 2032).

Les autres acheteurs seront ensuite, par ordre décroissant, l’Amérique latine, le Moyen Orient, les pays de la CEI (Russie, Arménie, Kazakhstan, etc.) puis ceux de l’Afrique.

«Ces besoins ne sont-ils pas surévalués?»

Que vont acheter ces compagnies? Principalement des avions monocouloirs de 90 à 230 passagers et des long-courriers de 200 à 300 passagers. Et les plus économes en carburant devraient être les plus demandés. Comme l’A350 de l’Européen Airbus, qui a effectué son premier vol d’essai vendredi dernier. Cet appareil, qui consomme 25% de carburant de moins que les avions actuels de sa catégorie (270 à 350 sièges), devrait être livré avant fin 2014 à Qatar Airways.

Mais déjà, certains s’interrogent. Comme Jean-Louis Baroux, ancien président d'APG (Air Promotion Group) et auteur de l’ouvrage «Compagnies aériennes: La faillite du modèle». «Les compagnies nouvelles se ruent sur les appareils nouveaux car les responsables ont trop peur de ne pas pouvoir disposer à temps des avions dont ils estiment avoir besoin. Oui, mais ces besoins ne sont-ils pas surévalués?», se demande-t-il.

Pour défendre cette position, les experts pointent du doigt l’évolution constante du prix du kérosène, qui risque à terme d’évincer une partie de la clientèle loisirs du transport aérien, mais aussi les aéroports, dont beaucoup sont déjà au maximum de leur capacité. Et certains d’entre eux prédisent déjà l’éclatement à venir de cette bulle de l’aérien.