La banque Reyl dément avoir des politiques parmi ses clients

M.B. et AFP

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La banque Reyl, à Genève (Suisse).
La banque Reyl, à Genève (Suisse). — JOFFET/SIPA

Confirmation. Lors de son audition devant la commission d’enquête au Sénat sur le rôle des banques dans l’évasion fiscale, Pierre Condamin-Gerbier, ancien associé gérant de la banque suisse Reyl Private, a affirmé qu’une quinzaine de politiques –de droite comme de gauche- pourraient détenir des comptes en Suisse.

«Je n’ai pas fourni de noms de fraudeurs aux enquêteurs pour des raisons de sécurité. Mais mes documents et mes notes sont consignés auprès d’une partie tierce et ils seront dévoilés quand mon environnement sera plus sûr. Il y a eu des menaces écrites et orales sur mon intégrité physique ainsi que celle de ma famille», avait alors déclaré Pierre Condamin-Gerbier. Pourtant, selon le site Mediapart, Pierre Condamin-Gerbier avait auparavant dévoilé quelques-uns de ces noms au juge.

Une transaction de 23 millions d’euros…

Europe1.fr affirme avoir eu accès à un document qui confirme la thèse de la quinzaine d'homme politiques évadés fiscaux. Il s’agit du compte-rendu de mars 2008, signé par Pierre Condamin-Gerbier, portant sur une réunion qui se serait tenue dans un cabinet d'avocats parisiens de la banque Reyl.

Concrètement, «ce document à en-tête de la banque suisse» révèle une transaction, entre deux amis de longue date, un homme politique français, cité avec un nom d’emprunt et sans possibilité de l’identifier, et un homme d'affaires. Le premier souhaite en effet transférer plus de 23 millions d’euros à ce dernier depuis ses comptes HSBC en Suisse.

Pourquoi un tel mouvement de fonds? «C'est précisément à cette période que court une rumeur insistante sur la place de Genève: une liste de milliers d'exilés fiscaux, tous clients de la banque HSBC, est sur le point d'être dévoilée. Tout laisse donc à penser que cet homme politique a voulu disparaître de cette fameuse liste de la banque HSBC dont il était client en Suisse, et abriter discrètement ses 23 millions d'euros sur les comptes de son ami richissime», échafaude Europe 1.

Démenti de la banque Reyl

Reyl a démenti vendredi dans un communiqué avoir des clients issus de la classe politique française, après «les nombreux amalgames et allégations véhiculés par les médias sur la base d'affirmations erronées». Le «Groupe Reyl tient à réaffirmer, comme il l'a déjà fait devant les autorités judiciaires genevoises, qu'il n'entretient aucune relation de compte (titulaires ou ayants droit) avec des résidents français exerçant des charges politiques». La banque ajoute encore qu'elle «réserve ses droits concernant toute affirmation qui pourrait porter atteinte à ses intérêts légitimes».