Stationnement: Le juteux business des parkings

C.B.

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Un parking Vinci à Marseille
Un parking Vinci à Marseille — JACQUES DEMARTHON / AFP

Les automobilistes paieront-ils un jour leur stationnement à la minute? Cette position est de plus en plus défendue. D’abord par les associations de consommateurs. La CLCV (Consommation, logement et cadre de vie) réclame cette tarification depuis plus d’un an.

Elle est également demandée depuis des années par 40 Millions d’automobilistes, qui monte au créneau ce mardi. «A l’heure où les élus locaux font de plus en plus le choix de la suppression de places de stationnement en extérieur, les automobilistes assistent à une augmentation constante du prix des parkings (…). Une solution d’urgence s’impose aujourd’hui pour endiguer cette flambée des prix: la tarification du stationnement à la minute», avance l’association.

Des politiques s’engagent enfin sur cette voie. Ainsi, les élus UMP parisiens ont déposé ce mardi un vœu au Conseil de Paris pour que le paiement à la minute soit mis en place dans les parkings de la capitale. Mais la Ville redoute que cette évolution «crée un appel d’air pour la voiture en ville», ce qui va à l’encontre de sa «politique en faveur des transports en commun», explique une source au Parisien.

«Les pouvoirs publics ont su l’imposer à la téléphonie mobile»

Pour 40 Millions d’automobilistes, instaurer cette nouvelle tarification serait au contraire la moindre des choses: «L’automobiliste ne doit payer que pour le temps qu’il consomme et non pour l’heure entamée. Les pouvoirs publics ont su l’imposer à la téléphonie mobile, ce principe juste doit à présent s’appliquer au parking», estime Daniel Quéro, président de l’association.

D’autant plus que se garer devient de plus en plus cher. «Un stationnement d’une heure coûte en moyenne 1,71 euro», note la CLCV. Mais avec de grandes variations, puisque cette heure peut atteindre 2,20 euros à Marseille ou encore 4,50 euros à Paris. Mais à qui profite ce business? D’abord aux opérateurs privés du stationnement, tels que Vinci Park, Q-Park ou encore Effia. Car plus de la moitié des villes françaises délèguent la gestion de leurs parkings au privé, après appels d’offre.

Des recettes estimées à 1 milliard d’euros

La France compte environ 1 million de places de stationnement dans les parkings publics pour des recettes estimées à 1 milliard d’euros. Si le coût de construction d’un parking est important –de 20.000 à plus de 40.000 euros la place selon les contraintes du territoire- les opérateurs parviendraient à l’équilibre après cinq ans d’exploitation et dégageraient des bénéfices dès la onzième année. «En vitesse de croisière, les marges nettes tournent souvent autour de 15% par an», note Le Journal du Net.

Et si pour l’usager, les tarifs ne cessent de progresser, cette hausse profite aussi aux villes. Dans leurs contrats de gestion, elles peuvent réclamer 50 à 85% des recettes après amortissement. Ainsi, la redevance sur les parkings a rapporté à Paris 38 millions d’euros en 2012. En 2001, elle lui rapportait «seulement» 9 millions d’euros.