Le travail de nuit est-il menacé?

TRAVAIL Après Uniqlo, Sephora va-t-il être condamné à fermer la nuit les portes de son magasin des Champs-Elysées ce lundi par le TGI?...

Bertrand de Volontat

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Le 6 décembre 2012, des salariés de Séphora sur les Champs Élysées à  Paris fêtent la décision du tribunal qui vient de statuer et autoriser  l'enseigne à pratiquer les ouvertures nocturnes.
Le 6 décembre 2012, des salariés de Séphora sur les Champs Élysées à Paris fêtent la décision du tribunal qui vient de statuer et autoriser l'enseigne à pratiquer les ouvertures nocturnes. — V. WARTNER / 20 MINUTES

La chasse au travail de nuit à Paris continue. Fort de son succès sur Monoprix, Apple et sur la griffe japonaise Uniqlo la semaine passée, à qui le Tribunal de grande instance (TGI) a interdit de faire travailler les salariés de son magasin à Opéra (Paris, 9ème) entre 21h et 6h du matin*, Clic-P (intersyndicale du commerce de Paris CGT, CFDT, FO, CFTC, SUD et CGC) poursuit son combat face à Sephora (groupe LVMH)

Clic-P reproche à l'enseigne d'ouvrir son magasin amiral situé sur la célèbre avenue parisienne jusqu'à 1h du matin le vendredi et samedi et minuit les autres jours. Clic-P rappelle que «le travail de nuit doit rester exceptionnel  (Code du travail, article L3122 et suivants) et circonscrit aux activités rendues nécessaires par une nécessité économique et sociale» et que «la concurrence ne se fasse pas sur le dos des salariés».

Clic-P très confiant

Ce lundi, le TGI tiendra son audience d’appel mais ne devrait rendre son délibéré que d’ici quelques jours. En décembre dernier, le tribunal saisi par Clic-P, avait autorisé «jusqu'à nouvel ordre» le parfumeur Sephora  à continuer à ouvrir son magasin des Champs-Elysées après 21h. Karl Ghazi (CGT), membre de Clic-P, avait alors indiqué que les syndicats comptaient faire appel de la décision.

Le TGI avait en revanche interdit le parfumeur de faire travailler les employés de sa boutique Cour Saint-Emilion (Bercy), le dimanche. Sephora, contactée par 20 Minutes, ne souhaite commenter ni cette décision ni la procédure en cours.

«Le juge a botté en touche à l’automne mais comment pourrait-il décider autre chose qu’une interdiction ce lundi?, confie un responsable syndical CFTC à 20 Minutes. Au regard de l’historique des décisions, nous avons bon espoir.» Les syndicats ont en effet également obtenu des condamnations pour travail dominical face aux supérettes, Bricorama et Decathlon.

Face aux syndicats qui enchainent les victoires judiciaires, les directions tentent de résister. En décembre, Sephora avait organisé sa défense en prônant «l'emploi menacé aux Champs-Elysées». Comme à Monoprix, qui après sa condamnation en appel en avril dernier, expliquait que «la remise en question de l'ouverture des magasins après 21 heures fragilise l'équilibre économique et met en danger l'emploi». Elle avait ajouté que 1.500 salariés sont concernés par ces horaires avant de se pourvoir en cassation.

*Pour information, Uniqlo confirme qu’en accord avec sa politique générale d’entreprise, aucun commentaire ne sera fait sur toute décision judiciaire impliquant l’entreprise.