Wall Street espère retrouver sa sérénité mais garde la Fed en ligne de mire

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Rassurée par des signes d'amélioration dans l'emploi américain, la Bourse de New York espère retrouver sa sérénité dans les jours à venir, tout en gardant en ligne de mire la prochaine réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) à la mi-juin.
Rassurée par des signes d'amélioration dans l'emploi américain, la Bourse de New York espère retrouver sa sérénité dans les jours à venir, tout en gardant en ligne de mire la prochaine réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) à la mi-juin. — Spencer Platt GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Rassurée par des signes d'amélioration dans l'emploi américain, la Bourse de New York espère retrouver sa sérénité dans les jours à venir, tout en gardant en ligne de mire la prochaine réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) à la mi-juin.

Au cours des cinq dernières séances, le Dow Jones Industrial Average, indice vedette réunissant 30 valeurs de Wall Street, a avancé de 0,88% pour finir à 15.248,12 points.

Le Nasdaq, à dominante technologique, a grignoté 0,39% à 3.469,22 points.

L'indice élargi Standard & Poor's 500 s'est adjugé 0,78% à 1.643,38 points.

Très volatile cette semaine à l'approche des chiffres très attendus sur l'emploi américain en mai, la place financière new-yorkaise a retrouvé sa bonne humeur vendredi, à leur publication.

«Le marché a enfin reçu la réponse à la question qui le taraudait depuis des semaines», a relevé Hugh Johnson, de Hugh Johnson Advisors. «Ces chiffres n'étaient ni trop brûlants ni trop glacés», assez bons pour rassurer sur la santé de la reprise américaine, mais pas assez brillants pour provoquer un resserrement de la politique monétaire du pays.

La Réserve fédérale américaine (Fed), qui injecte actuellement 85 milliards de dollars par mois dans le système financier américain via des rachats d'actifs, a averti que sa politique pourrait être durcie dans les prochains mois si la reprise américaine gagnait en vigueur.

Or, les indicateurs économiques américains montrent des signes nets d'embellie, dans le secteur immobilier et des services notamment, même si des chiffres manufacturiers et dans l'emploi privé, ont déçu récemment.

«Tout le monde a compris que la Fed allait finir par doucement se diriger vers un ralentissement» de ses injections de liquidités dans les prochains mois, mais pour l'instant, «l'horizon de Wall Street s'est éclairci», a estimé Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, à New York.

Autrement dit, peu s'attendent à ce que l'institution monétaire annonce dès sa prochaine réunion les 18 et 19 juin une inflexion de sa politique, et davantage parient sur un changement de cap à partir de l'automne.

«On a encore un peu de marge de manoeuvre», a ainsi estimé Stéphane Ventilato, courtier chez Banca IMI Securities. «On a vu (vendredi) une bonne création d'emplois» avec 175.000 embauches nettes en mai, «mais cela reste en-dessous des 200.000, un niveau considéré par la Fed comme le rythme de croisière d'une économie en phase de reprise», a-t-il souligné.

Les prochaines statistiques économiques américaines seront ainsi étudiées de très près. «La semaine prochaine sera plus calme», a averti M. Lefeuvre mais certains chiffres mériteront tout de même que l'on s'y arrête, dont ceux des ventes au détail en mai attendus jeudi.

«On va tenter d'y déceler l'impact de la politique de réduction des dépenses et des hausses d'impôts» mises en place par Washington depuis le début de l'année sur les dépenses de consommation des ménages, moteur traditionnel de la croissance, a ajouté M. Ventilato.

Les chiffres ne fournissent néanmoins qu'une information très partielle dans la mesure où les Américains consomment surtout des services.

Les opérateurs se pencheront également vendredi sur la production industrielle en mai et une première estimation de la confiance des consommateurs pour juin.

Ces données seront d'autant plus surveillées que «Wall Street semble se diriger peu à peu --au terme d'un difficile processus de métamorphose-- vers un marché se basant davantage sur les indicateurs économiques que sur l'afflux de liquidités» de la Fed, a noté Sam Stovall, de S&P Capital IQ.

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