La Bourse de Paris s'interroge sur les intentions des banques centrales

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La Bourse de Paris, retombée un temps à son niveau de fin avril, va continuer à s'interroger sur les intentions des banques centrales, ce qui devrait encore entraîner de la volatilité sur les marchés la semaine prochaine, faute d'indicateur majeur au programme.
La Bourse de Paris, retombée un temps à son niveau de fin avril, va continuer à s'interroger sur les intentions des banques centrales, ce qui devrait encore entraîner de la volatilité sur les marchés la semaine prochaine, faute d'indicateur majeur au programme. — Joel Saget AFP

La Bourse de Paris, retombée un temps à son niveau de fin avril, va continuer à s'interroger sur les intentions des banques centrales, ce qui devrait encore entraîner de la volatilité sur les marchés la semaine prochaine, faute d'indicateur majeur au programme.

Sur la semaine écoulée, l'indice CAC 40 a perdu 1,92% pour terminer vendredi à 3.872,59 points. Ses gains depuis le 1er janvier sont ramenés à 6,36%.

Le marché parisien reste nerveux, redoutant un changement d'attitude des banques centrales, après avoir beaucoup grimpé en avril et mai. Il s'est toutefois repris vendredi grâce aux chiffres de l'emploi américain.

Pour Yves Maillot, chez Natixis AM, la baisse de ces derniers jours intervient après «une séquence positive qui a vu les marchés se rapprocher de points hauts et de résistance technique», alors que le CAC 40 évoluait encore au-dessus de 4.000 points fin mai.

«La correction du marché est logique. Il était difficile de justifier le récent rebond d'un point de vue fondamental», renchérit Jean-Louis Mourier, économiste chez le courtier Aurel BGC.

Les motifs d'inquiétudes sont bien présents sur les marchés, à commencer par la politique des banques centrales. La décision de politique monétaire du Japon, attendue mardi, sera à ce titre très regardée.

«Le marché commence à réaliser que les banques centrales ne peuvent pas tout faire et qu'il est nécessaire d'avoir une vraie reprise économique», estime Renaud Murail, gérant chez Barclays Bourse.

La réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi dernier et le discours de son président Mario Draghi ont peu rassuré, compte tenu du statu quo sur les taux.

La grande inconnue porte davantage sur la politique monétaire de la banque centrale américaine (Fed) dont les injections massives de liquidités ont largement soutenu les marchés depuis des mois.

Les investisseurs savent qu'en cas d'amélioration de la conjoncture, la Fed sera probablement amenée à ralentir ses rachats d'actifs.

«Le marché a maintenant la conviction qu'il y aura un changement de politique monétaire aux Etats-Unis. Ce que l'on n'a pas c'est le calendrier et l'intensité», d'où l'incertitude des investisseurs, selon M. Murail.

C'est la raison pour laquelle toutes les déclarations de membres de la Fed et les indicateurs américains seront scrutés par le marché d'ici la prochaine réunion de l'institution les 18 et 19 juin.

Peu de statistiques majeures aux Etats-Unis sont toutefois au programme la semaine prochaine, qui sera marquée principalement par les ventes au détail et la production industrielle pour mai ainsi que la confiance des consommateurs pour juin.

Côté européen, «le marché attend maintenant des signes concrets d'amélioration de l'activité», souligne M. Mourier, mais le calendrier des publications économiques n'est pas plus riche en zone euro qu'aux Etats-Unis. Les investisseurs s'en remettront à des emprunts de l'Italie sur le marché obligataire.

Au total, «on va probablement à avoir un marché fait de hauts et de bas tant que l'horizon macroéconomique ne s'éclaircit pas, ce qui n'est en particulier toujours pas le cas en zone euro», selon M. Maillot.

Euronext (CAC 40)