L'occasion cartonne sur Internet

ETUDE Plus d’un e-acheteur sur deux a acheté un produit de seconde main au cours des douze derniers mois...

Claire Planchard

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Illustration du site Leboncoin.fr.
Illustration du site Leboncoin.fr. — VALINCO/SIPA

Voitures, vêtements, articles de puériculture… Le succès des achats d’occasion ne se dément pas sur Internet: en 2013, 51% des e-acheteurs déclarent avoir acheté au moins une fois un produit d’occasion en ligne au cours de l’année écoulée (contre 45% en 2012), selon le baromètre de l’Omniretail 2013 publié jeudi par CA COM et Ipsos*. Sur l’ensemble de la population française, la proportion a grimpé de 21 à 25% en un an.

«C’est une lame de fond pour les e-commerçants», analyse Rodolphe Bonnasse, directeur général de CA COM.

Internet détiendrait ainsi 33% du marché français de l’occasion estimé à 0,5% de la consommation totale des ménages, selon une étude Xerfi/Precepta, publiée le 27 février. «Une part en progression constante».

Un nouveau marché de niches

Au-delà des traditionnelles «places de marché» multispécialistes (eBay.fr, Priceminister.com, Amazon.fr, CDiscount.com…), cet essor est désormais porté par le succès fulgurant du site d’annonces généraliste Leboncoin.fr, devenu en 2012 la troisième marque enseigne ex-aequo préférée des Français selon le baromètre OC&C. «Ce qui est intéressant c’est de voir comment l’alchimie du digital avec une caution de proximité est devenue un succès commercial» souligne Rodolphe Bonnasse.

Et comment de plus en plus d’acteurs du «e-commerce mais aussi du commerce traditionnel s’en inspirent. Le vide dressing en ligne Vinted vient ainsi d’ouvrir en France. Depuis quelques semaines, le site Monshowroom.com propose un nouvel espace dédié à la seconde main «Mon fashion dépôt». «L’évolution récente du marché en ligne de l’occasion est en effet marquée par la multiplication des sites d’occasion spécialisés par marché», souligne l’étude du cabinet Xerfi. Parmi les segments les plus prisés: la mode haut de gamme et de luxe, le marché de l’enfant et le sport.

Un choix avant tout

Des acteurs du commerce traditionnel s’y frottent aussi. En France, la Fnac s’est lancée sur Internet et Décathlon en boutique. Dès 2011, la marque de vêtements de loisirs techniques Patagonia avait lancé un partenariat avec e-Bay pour encourager ses clients à consommer moins, recycler et réutiliser des vêtements de qualité. Un discours «anticonsumériste» très bien cadré pour une clientèle sensible au développement durable.

«Acheter d’occasion n’est plus autant une question de pouvoir d’achat qu’une question d’affinité», souligne Pauline Garnier, membre du planning stratégique de CA COM. «Le marché de l’occasion vit un changement durable et structurel qui s’inscrit dans l’épuisement et le rejet du modèle de l’hyperconsommation et l‘avènement d’une économie des fonctionnalités dont la consommation collaborative est une des représentations», confirme Xerfi.

*Sondage réalisé par CA COM et Ipsos du 5 au 8 avril auprès d’un échantillon représentatif de la population française de 1.013 personnes de 15 ans et plus.