La BCE devrait observer une pause dans sa lutte contre la crise

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La Banque centrale européenne (BCE) a laissé jeudi son principal taux directeur inchangé à 0,50%, soit son plus bas niveau historique auquel il a été porté en mai.
La Banque centrale européenne (BCE) a laissé jeudi son principal taux directeur inchangé à 0,50%, soit son plus bas niveau historique auquel il a été porté en mai. — Samuel Kubani AFP

La Banque centrale européenne (BCE) a laissé jeudi son principal taux directeur inchangé à 0,50%, soit son plus bas niveau historique auquel il a été porté en mai.

Cette décision ne constitue pas une surprise aux yeux des économistes, qui n'escomptaient pas de nouveau geste de l'institution monétaire de Francfort ce mois-ci. Ils s'attendent en revanche à ce que son président Mario Draghi réaffirme sa volonté d'agir pour soutenir la zone euro en cas de nécessité lors de sa conférence de presse mensuelle de politique monétaire à partir de 12H30 GMT.

Les analystes vont particulièrement guetter ses déclarations sur la possibilité de porter son taux de dépôt au jour le jour, auquel les banques peuvent placer chez elle de l'argent pour 24 heures, à un niveau négatif. Il est actuellement de 0%. Mario Draghi n'a pas exclu cette possibilité le mois dernier, afin d'encourager les banques à prêter aux entreprises et aux ménages plutôt que laisser dormir leurs liquidités dans les coffres de la BCE.

Mais pour Marco Valli, économiste d'UniCredit, «bien que la BCE soit ouverte et techniquement prête» à cette éventualité, elle réfléchira à deux fois avant de le faire en raison des risques que cela comporte. Parmi eux, selon lui, le danger d'une «baisse de la profitabilité des banques», que ces dernières pourraient répercuter sur le coût du crédit, pénalisant entreprises et ménages dans un contexte toujours très précaire.

«C'est une question très difficile», a admis la semaine dernière Vitor Constancio, vice-président de la BCE, affirmant qu'aucune décision n'avait été prise. «Si cela arrive», les banques auront la possibilité de se préparer, a-t-il ajouté. Les propos sur l'état des réflexions sur la volonté de revitaliser le marché des ABS, du nom de ces titres financiers adossés à des crédits, pour faciliter l'accès à l'emprunt des Petites et moyennes entreprises, sont également attendus.

Début mai, Draghi avait annoncé le lancement d'«une consultation avec d'autres institutions européennes» à ce sujet. Mais cette discussion pourrait encore prendre des semaines, voire ne pas aboutir avant septembre, selon une source proche de l'Eurosystème.

«C'est une possibilité, une option», a déclaré récemment M. Constancio, semblant mettre en garde contre des attentes excessives.

S'il a peu à offrir en termes de mesures, M. Draghi devrait continuer à rassurer sur la volonté de la BCE d'agir davantage si nécessaire. En dépit d'indicateurs de confiance et de production quelque peu meilleurs depuis un mois, «l'environnement macroéconomique reste très fragile et incertain», souligne Carsten Brzeski.

Le PIB de la zone euro s'est contracté de 0,2% au premier trimestre 2013, a confirmé mercredi l'office européen des statistiques Eurostat, soit le sixième trimestre d'affilé de recul. Draghi a redit cette semaine s'attendre à une «amélioration graduelle» de la situation d'ici la fin de l'année malgré une situation qui «reste difficile».

Ses services devraient réviser à la baisse leurs prévisions de croissance pour cette année et 2014, de l'avis des la plupart des économistes.

Quant au pronostic d'inflation, il devrait également être revu en baisse. Selon M. Constancio, la BCE «surveille la rapidité du déclin» de l'indice des prix, dont la baisse (à 1,2% en avril) rend la situation pour la croissance et la rentabilité des banques «plus complexe».