Auto-entrepreneurs: La réforme du régime reviendrait à un «grand plan social»

D.B. avec AFP

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Le collectif de défense des autoentrepreneurs lors d'une conférence de presse le 5 juin 2013.
Le collectif de défense des autoentrepreneurs lors d'une conférence de presse le 5 juin 2013. — ERIC PIERMONT / AFP

Des mots chocs pour défendre les jeunes pousses. Le président de la Fédération des auto-entrepreneurs (Fedae), Grégoire Leclercq, a mis en garde jeudi contre «le plus grand plan social de l'histoire» qui pourrait résulter d'un projet de réforme du régime des autoentrepreneurs.

Les représentants des auto-entrepreneurs ainsi que les responsables du mouvement des Poussins doivent rencontrer ce jeudi la ministre de l'Artisanat Sylvia Pinel pour faire valoir leurs arguments en faveur de ce régime, créé par la loi de modernisation de l'économie du 4 août 2008. Une rencontre qui risque d’être tendue  après la polémique suscitée en fin de semaine dernière le projet de la ministre de l’Artisanat de limiter dans la durée ce régime lorsqu'il est utilisé pour une activité principale

«Laisser les auto-entrepreneurs «se développer à leur rythme»

Sylvia Pinel, «malgré des volontés parfaitement louables d'accompagner, de contrôler et de faire grandir, va faire le plus grand plan social de l'histoire en renvoyant à Pôle emploi des gens qui s'auto-licencient et qui ont créé leur auto-boulot», a prévenu Grégoire Leclercq, sur RTL.

Sur les quelque 900.000 auto-entrepreneurs français, «450.000 génèrent du chiffre d'affaires, dont 300.000 viennent de Pôle-emploi et ne vivent que de leur auto-entreprise», a expliqué  Grégoire Leclercq qui doit rencontrer Sylvia Pinel plus tard dans la journée.

En cas de limitation à deux ans du statut des auto-entrepreneurs, «la seule solution pour eux sera d'arrêter d'exercer sous ce régime et de retourner soit au Pôle emploi ou au RSA» (revenu de solidarité active), a-t-il prévenu. Il préconise de laisser les auto-entrepreneurs «se développer à leur rythme».

Le projet de réforme, qui prévoit de limiter dans la durée ce régime lorsqu'il est utilisé pour une activité principale, suscite de vives protestations des représentants des auto-entrepreneurs.