La BCE devrait observer une pause dans sa lutte contre la crise

© 2013 AFP

— 

La Banque centrale européenne (BCE) devrait observer une pause jeudi dans son soutien à la zone euro tout en réaffirmant sa volonté d'agir si nécessaire, après avoir abaissé le mois dernier son taux d'intérêt directeur.
La Banque centrale européenne (BCE) devrait observer une pause jeudi dans son soutien à la zone euro tout en réaffirmant sa volonté d'agir si nécessaire, après avoir abaissé le mois dernier son taux d'intérêt directeur. — Daniel Roland AFP

La Banque centrale européenne (BCE) devrait observer une pause jeudi dans son soutien à la zone euro tout en réaffirmant sa volonté d'agir si nécessaire, après avoir abaissé le mois dernier son taux d'intérêt directeur.

«Nous attendons peu ou pas d'action du tout lors de la réunion» de politique monétaire de la BCE cette semaine, écrit Carsten Brzeski, économiste chez ING, résumant la pensée de la majorité de ses collègues.

L'institution monétaire de Francfort ne devrait pas baisser de nouveau son principal taux directeur, qu'elle avait diminué d'un quart de point, à un plus bas historique de 0,50%, lors de sa réunion de mai.

Elle avait également abaissé à 1% son taux de prêt marginal au jour le jour, auquel les banques peuvent emprunter auprès d'elle pour 24 heures, mais maintenu à 0% le taux des dépôts au jour le jour, auquel les banques peuvent placer chez elle de l'argent pour 24 heures.

Son président Mario Draghi n'a pas exclu la possibilité de porter ce dernier taux à un niveau négatif, afin d'encourager les banques à prêter aux entreprises et aux ménages plutôt que laisser dormir leurs liquidités dans les coffres de la BCE.

Mais pour Marco Valli, économiste d'UniCredit, «bien que la BCE soit ouverte et techniquement prête» à cette éventualité, elle réfléchira à deux fois avant de le faire en raison des risques que cela comporte.

Profitabilité des banques

Parmi eux, selon lui, le danger d'une «baisse de la profitabilité des banques», que ces dernières pourraient répercuter sur le coût du crédit, pénalisant entreprises et ménages dans un contexte toujours très précaire.

«C'est une question très difficile», a admis la semaine dernière Vitor Constancio, vice-président de la BCE, affirmant qu'aucune décision n'avait été prise. «Si cela arrive», les banques auront la possibilité de se préparer, a-t-il ajouté.

Quant à la volonté de revitaliser le marché des ABS, du nom de ces titres financiers adossés à des crédits, pour faciliter l'accès à l'emprunt des Petites et moyennes entreprises, M. Draghi ne devrait pas s'étendre dessus lors de la conférence de presse qui suivra la décision sur les taux.

Début mai, il avait annoncé le lancement d'«une consultation avec d'autres institutions européennes» à ce sujet. Mais cette discussion pourrait encore prendre des semaines, voire ne pas aboutir avant septembre, selon une source proche de l'Eurosystème.

«C'est une possibilité, une option», a déclaré récemment M. Constancio, semblant mettre en garde contre des attentes excessives.

S'il a peu à offrir en termes de mesures, M. Draghi devrait continuer à rassurer sur la volonté de la BCE d'agir davantage si nécessaire. En dépit d'indicateurs de confiance et de production quelque peu meilleurs depuis un mois, «l'environnement macroéconomique reste très fragile et incertain», souligne Carsten Brzeski.

Le PIB de la zone euro s'est contracté de 0,2% au premier trimestre 2013, a confirmé mercredi l'office européen des statistiques Eurostat, soit le sixième trimestre d'affilé de recul.

M. Draghi a redit cette semaine s'attendre à une «amélioration graduelle» de la situation d'ici la fin de l'année malgré une situation qui «reste difficile».

Ses services devraient réviser à la baisse leurs prévisions de croissance pour cette année et 2014, de l'avis des la plupart des économistes.

Quant au pronostic d'inflation, il devrait également être revu en baisse. Selon M. Constancio, la BCE «surveille la rapidité du déclin» de l'indice des prix, dont la baisse (à 1,2% en avril) rend la situation pour la croissance et la rentabilité des banques «plus complexe».