Ventes de voitures neuves: Un si joli mois de mai pour PSA ?

AUTOMOBILE Sur un marché des voitures particulières en baisse de 10,3%, PSA limite la casse à -8,2% alors que Renault plonge de 16,5%. Explications...

Claire Planchard

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Peugeot 208 dans l'usine PSA de Possy (Yvelines).
Peugeot 208 dans l'usine PSA de Possy (Yvelines). — CHAUVEAU/SIPA

Des chiffres à manier avec des pincettes, mais des chiffres surprenants. Selon les dernières statistiques des immatriculations de voitures neuves publiées ce lundi par le Comité des constructeurs français  d’automobiles (CCFA), Peugeot a limité la casse (-2,9% seulement, contre -14,5% pour Citroën), alors que la marque Renault, elle, a plongé de -20,3%. Est-ce à dire que le rebond tant attendu par PSA est enfin à portée de main? Pas tout à fait. 

Promotions et nouveaux lancements

«Ces chiffres mensuels ne sont pas forcément révélateurs car ils reflètent des politiques marketing spécifiques de chaque constructeur d’un mois sur l’autre. Mieux vaux suivre les évolutions sur cinq mois», tempère François Roudier, le porte-parole du CCFA.

Au mois de mai, Peugeot a ainsi organisé l’opération «Les Grands Essais», avec des remises allant jusqu’à -8% pour la 208, 12% pour la 3008 et même 19% pour la 308 selon le niveau de finition. Un bon coup de booster pour les ventes qui n’explique néanmoins pas tout pour le constructeur. «C’est la combinaison de cette opération avec le lancement récent de la 208 GCTI et XY. Un an après son lancement, l’effet nouveauté de la 208  s’installe», souligne-t-on chez Peugeot.

Avec 17,4% de part de marché (+1,4 point de part de marché par rapport à mai 2012), Peugeot devient ainsi leader du marché des voitures particulières. « Une belle performance» à laquelle s’ajoutent les 9.000 commandes du 2008, soit deux fois plus qu’escomptés. «On a un portefeuille de commandes supérieur à 2012 donc c’est encourageant mais le marché reste imprévisible: on table toujours sur -8% en 2013 donc les mois qui viennent seront peut-être meilleurs mais resteront difficiles», analyse-t-on chez Peugeot.

 

«Peugeot bénéficie de l’effet de renouvellement de sa gamme mais il bénéficie aussi d’un effet de contraste: 2012 ayant été plus difficile, il paraît aujourd’hui plus fort»,  relativise aussi Bertrand Rakoto, consultant automobile chez R.L. Polk. «Il est difficile de tirer des tendances du seul mois de mai, mais il est clair que c’est actuellement la guerre des prix qui mène les immatriculations. On a ouvert un pot de confiture qui va être difficile à refermer», observe-t-il

«Contraintes industrielles temporaires»

Chez Renault, à l’inverse on tente de relativiser la portée de ce décrochage en concessions: «Notre performance en mai n’est pas satisfaisante. Mais elle ne reflète pas la réalité de notre activité commerciale: nos commandes restent soutenues et progressent par rapport à l’année dernière», souligne dans un communiqué Bernard Cambier, le directeur commercial France de Renault.

Pour expliquer ce trou d’air, Renault invoque «des contraintes industrielles temporaires»: «Dans une phase de lancement de modèles à forts volumes comme le Captur ou la Clio il y a ce qu’on appelle du "tirage industriel": dans les premières semaines, l’outil de production fonctionne à plein mais la demande est supérieure, ce qui reporte des livraisons et donc des immatriculations sur les mois de juin et juillet», précise-t-on chez Renault.

 

«Il est certain que le Captur devrait aider dans les mois à venir, mais, avec la Clio qui vient d’être lancé et la Mégane qui entame sa second moitié de vie, Renault est dans un cycle qui ne lui permet pas de bien s’en sortir»,  analyse Bertrand Rakoto. «La plupart des constructeurs doivent jongler entre offres commerciale et renouvellement de gammes, ceux qui, au contraire, font le dos rond et refusent de proposer des offres agressives doivent s’attendre à subir des baisses importantes et perdre des parts de marché», conclut-il.