L'hôtellerie reste aux 39 heures, grâce à l'Etat

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Patronat et syndicats des hôtels, cafés, restaurants devraient rechercher, lors d'une réunion le 25 août, un accord destiné à éviter que le Conseil d'Etat oblige les employeurs à rembourser rétroactivement 18 mois d'heures supplémentaires aux 800.000 salariés du secteur.
Patronat et syndicats des hôtels, cafés, restaurants devraient rechercher, lors d'une réunion le 25 août, un accord destiné à éviter que le Conseil d'Etat oblige les employeurs à rembourser rétroactivement 18 mois d'heures supplémentaires aux 800.000 salariés du secteur. — Pascal Pavani AFP/Archives

Nouveau rebondissement dans la crise des 35 heures dans l'hôtellerie-restauration, hier. Le gouvernement a décidé de rétablir par la loi, comme le lui demandait le Medef, l'accord sur le temps de travail cassé la semaine dernière par le Conseil d'Etat. Ce dernier lui reprochait de ne pas respecter le Code du travail. Ce matin, un amendement des députés UMP devrait donc rétablir le système négocié en 2004 : 39 heures hebdomadaires avec, en compensation, une semaine de congés payés en plus par an.

« Les auteurs de ce texte balaient la décision du Conseil d'Etat », a immédiatement déploré la CFDT. Au début, le gouvernement hésitait, maintenant, les députés « se battent pour le signer », s'est au contraire amusé un proche du patronat. Depuis l'annulation, les restaurateurs sont dans l'incertitude. Si le secteur revient aux 35 heures, les employeurs pourraient avoir à rembourser des milliers d'heures supplémentaires. Le législateur doit « fixer la règle applicable », a plaidé hier Gérard Larcher, ministre de l'Emploi. Le recours à la loi ne serait que provisoire, le temps que syndicats et organisations patronales parviennent à un nouvel accord.

Edouard Lederer

Ce conflit intervient dans un contexte difficile. Les hôteliers sont confrontés à une telle atonie du marché qu'ils sont contraints d'augmenter les prix, selon une étude publiée hier par Coach Omnium.