Goodyear: Le tribunal met en délibéré au 20 juin sa décision sur l'avenir des salariés

SOCIAL L'usine d'Amiens-Nord est pendant ce temps bloquée par des salariés...

avec AFP

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Les accès de l'usine Goodyear à Amiens-Nord, menacée de fermeture, ont été bloqués lundi par des salariés alors que la justice devait examiner dans la matinée la validité du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) concernant le site qui emploie 1.173 salariés, a constaté une journaliste de l'AFP.
Les accès de l'usine Goodyear à Amiens-Nord, menacée de fermeture, ont été bloqués lundi par des salariés alors que la justice devait examiner dans la matinée la validité du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) concernant le site qui emploie 1.173 salariés, a constaté une journaliste de l'AFP. — Philippe Huguen AFP

Le tribunal de grande instance de Nanterre a mis lundi en délibéré au 20 juin sa décision sur la validité du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) de Goodyear qui prévoit la fermeture du site d'Amiens-Nord, employant 1.173 salariés, a constaté une journaliste de l'AFP.

En début d'audience, le tribunal a refusé une demande de renvoi formulée par l'avocat du comité central d'entreprise (CCE), Me Fiodor Rilov, qui a invoqué des «éléments nouveaux», l'avocat de Goodyear estimant de son côté que cet argument n'était qu'une «mascarade».Le tribunal avait été saisi en référé par le CCE de Goodyear et le syndicat CGT, qui souhaitent faire suspendre le plan social. Entamée vers 10h, l'audience s'est tenue en présence d'une cinquantaine de salariés venus en car depuis Amiens-Nord.

L'avocat dénonce une instrumentalisation de la justice

Au cours de l'audience, Me Rilov a expliqué que le CCE n'avait pas reçu d'informations «précises, loyales et complètes» pour rendre un avis sur le projet de restructuration, notamment en ce qui concerne l'avenir de la production de pneus tourisme.

Il a notamment fustigé la présence à Amiens-Nord de pneus «made by Titan», groupe américain un temps candidat à la reprise, y voyant le signe que les relations entre les deux groupes sont plus étroites qu'ils ne veulent l'entendre.

Me Rilov a demandé en conséquence des «explications loyales et complètes de la restructuration, de son objet et de ce que l'activité restructurée va devenir».

«Cette information loyale, c'est ce que nous cherchons à faire depuis le début», a répliqué l'avocat de Goodyear, justifiant le projet de fermeture par le fait que le groupe était «en difficulté depuis 10 ans» et avait un «endettement considérable» et dénonçant une «instrumentalisation de la justice».

On fait brûler des pneus, c'est symbolique

Depuis ce matin, les accès de l'usine Goodyear à Amiens-Nord, menacée de fermeture, ont été bloqués par des salariés alors que la justice devait examiner dans la matinée la validité du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) concernant le site qui emploie 1.173 salariés.

 

Des pneus ont été allumés peu après 4h du matin à l'entrée du parking situé à l'entrée de l'usine où se sont rassemblés une centaine de salariés ainsi que devant l'entrée du dépôt où sont stockés les pneus fabriqués sur le site. «On bloque l'usine pour défendre nos emplois», a déclaré à l'AFP Franck Jurek, secrétaire adjoint du comité d'entreprise. «On fait brûler des pneus, c'est symbolique», a-t-il indiqué précisant que les pneus utilisés étaient des pneus usagés qui avaient été livrés par un agriculteur.

Goodyear patrons voyous!

Un peu plus tard, les grévistes, dont certains portaient un tee-shirt rouge siglé CGT, proclamant «Goodyear patrons voyous!», ont déposé des pneus sur la route qui passe devant l'usine située dans la zone industrielle d'Amiens-Nord. Ils les ont incendiés, bloquant ainsi en partie la circulation tout au long de la journée.

La direction de Goodyear France avait annoncé le 28 mai ne pas avoir trouvé de repreneur pour le site d'Amiens-Nord dont elle avait annoncé la fermeture le 31 janvier. Le tribunal de grande instance de Nanterre, saisi en référé par le comité central d'entreprise (CCE) de Goodyear, devait examiner ce lundi à partir de 10h la validité du plan de sauvegarde de l'emploi qui prévoit la fermeture du site. «Ils doivent statuer le jour-même», a affirmé Franck Jurek. La justice avait à deux reprises, en 2008 et 2010, empêché la mise en oeuvre de plans sociaux visant l'usine d'Amiens-Nord. Une centaine de salariés devaient se rendre en autocar au TGI de Nanterre pour assister à l'audience, selon la CGT.