Arbitrage Adidas: Tapie contre-attaque

JUSTICE L'homme d'affaire fixe ses conditions à un éventuel remboursement dans une interview au «JDD»...

avec AFP

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Bernard Tapie, en février 2010, à Paris.
Bernard Tapie, en février 2010, à Paris. — MEIGNEUX/SIPA

Coup de bluff ou provocation? Alors que l’enquête sur la légalité de l’arbitrage dont il a bénéficié en 2008 dans l’affaire Adidas vient de franchir une nouvelle étape mercredi avec la mise en examen de l'ancien juge arbitral Pierre Estoup, Bernard Tapie est passé à l’offensive dimanche.

«Si on découvre la moindre entourloupe, le moindre dessous de table ou quoi que ce soit d'anormal, alors dans la seconde, à mon initiative, j'annule l'arbitrage», a déclaré l’homme d’affaires dans un entretien publié dans le Journal du Dimanche, ajoutant qu'«aucun centime». n'avait été indûment versé.

 

«Bernard Tapie dit deux choses : premièrement, s'il y a corruption, je rends l'argent; deuxièmement, s'il y a corruption, je le découvre maintenant, donc je ne suis pas le corrupteur», décrypte pour l'AFP Thomas Clay, professeur de droit à l'Université de Versailles, spécialiste de l'arbitrage et très bon connaisseur du dossier. Un message d’autant plus «intéressant» selon lui que «pour l'instant il n'y a aucune hypothèse de corruption dans le dossier».

L'ancien haut magistrat Pierre Estoup, l'un des trois juges du tribunal arbitral chargé en 2007 de solder le litige qui opposait depuis 1993 Bernard Tapie au Crédit lyonnais sur la vente d'Adidas, a été mis en examen pour escroquerie en bande organisée, les juges le soupçonnant d'avoir favorisé l’octroi de 403 millions d'euros à Bernard Tapie en raison de  liens anciens entretenus l’homme d’affaires et avec son avocat.

«Il y a forcement dans ce dossier des choses que j'ignore pour que les motifs de la mise en examen soient si graves», avait alors déclaré Bernard Tapie à l'AFP jugeant cette décision «incompréhensible». Des déclarations qui témoignent avant tout pour le juriste Thomas Clay d’un «jeu de déresponsabilisation généralisée», des acteurs du dossier «qui ont tendance à s'en abstraire, et même à se présenter comme des victimes de cette manipulation, quand bien même ils en auraient été les bénéficiaires».