Darty serre la vis pour rester leader en France

ENTREPRISE La nouvelle direction du groupe va présenter vendredi en comités d’entreprise son plan de réduction des effectifs...

Claire Planchard

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Un magasin Darty à Nice.
Un magasin Darty à Nice. — BRUNO BEBERT/SIPA

«Une essentialisation de l’organisation». C’est le terme feutré utilisé mardi en conférence de presse par Régis Schultz, le nouveau directeur général de Darty PLC, propriétaire britannique de Darty en France, pour décrire son plan de restructuration du leader français de l’électroménager.

Après le coûteux échec de son aventure internationale (460 millions d’euros de pertes et d’investissements), la feuille de route du plan «Nouvelle confiance» détaillé en décembre par son président, Alan Parker, est claire: éliminer les pertes sur les marchés non stratégiques, améliorer la position de Darty sur ses marchés leader (France, Belgique et Pays-Bas) et réduire les coûts.

Chasse aux doublons

Une fois soldés les comptes des filiales anglaise, italienne et espagnole et bientôt tchèque et slovaque, l’heure est donc venue de s’attaquer au mastodonte français de 11.500 collaborateurs et 230 magasins. En ligne de mire: la duplication des fonctions à Paris et en régions. Au terme de cette «simplification forte», le nombre de directeurs et vice-présidents passera ainsi de 18 à huit, et le siège parisien sera rapatrié dans les locaux de Bondy (Seine-Saint-Denis). «De quoi économiser 2,4 millions d’euros de loyer par an et donner un bon signal», explique Régis Schultz.

Pour l’heure, aucun chiffre n’est communiqué, les détails de la réorganisation devant être présentés vendredi devant les comités d’entreprise des filiales régionales concernées, puis le 1er juillet en Ile-de-France. «Des personnes vont quitter le groupe mais seulement dans les fonctions supports: il n’y aura pas de fermetures de magasins, ni de suppressions de postes de vendeurs ou de techniciens», a seulement précisé mardi Régis Schultz.

Une garantie qui ne convainc pas les élus du personnel. «On se dirige vers un plan de départ volontaires où les salariés seront fortement accompagnés vers la sortie. Mais ce ne sera probablement qu’une première étape avant un plan social fin 2013», estime un syndicaliste. «Nous sommes détenus à 25% par un fonds de pension américain [Knight Vinke] qui a beaucoup d’attentes, on parle de 20 millions d’euros d’économies par an, il faut aller les chercher», ajoute-t-il.

La carte du service «made in France»

Confronté à un marché «difficile», Darty a enregistré, sur son exercice 2011/2012, une baisse de 4,2% de son chiffre d’affaires et une chute de 28,4% de son bénéfice à 106,8 millions d'euros. Pour 2012/2013, le groupe a d'ores et déjà lancé un avertissement sur ses résultats. Mais le directeur s’insurge contre le «bashing» dont il s’estime victime: «Darty n’a eu qu’un seul problème, c’est l’international. Le groupe a une rentabilité solide de 6% et nous continuons à gagner des parts de marché. Si on a vrai défaut, c’est peut être de ne pas assez parler de nos atouts», pestait-il.

Remettre en valeur, en magasin comme en ligne, le «contrat de confiance» 100% «made in France» de Darty (livraison et mise en service gratuites, SAV, hotline, etc.) face à la «concurrence déloyale» des «imposteurs » du Web, voilà son autre défi. «Ce n’est pas un défi de vie ou de mort: on sait que l’on va gagner au final la bataille», assure-t-il.