Assurance chômage: Vers une dette supérieure à 24 milliards d’euros en 2014

SOCIAL Malgré le retour de la croissance en France...

Mathieu Bruckmüller

— 

Agence Pôle emploi à Marseille.
Agence Pôle emploi à Marseille. — P. Magnien/20Minutes

Des prévisions sombres qui confirment l’urgence d’une réforme de l’assurance chômage. Alors que les partenaires sociaux doivent se pencher d’ici à la fin de l’année sur ce dossier explosif, selon les dernières prévisions de l’Unedic publiées ce jeudi son déficit annuel atteindrait 5,6 milliards d’euros en 2014, portant la dette à 24,1 milliards d’euros.

89.600 chômeurs indemnisés de plus en 2013

Car malgré une prévision de croissance économique de 0,7% l’an prochain, le nombre de chômeurs indemnisés augmenterait encore de 65.600 personnes ( Pour un total de 3.432.800 chômeurs à la fin 2014). Un chiffre inférieur aux 77. 800 attendus pour cette année, contre 89.600 annoncsé en janvier. «Les politiques de l’emploi (emplois d’avenir, baisse des charges…) limiteraient l’ampleur des destructions d’emplois anticipées en janvier, principalement au second semestre 2013», estime l’Unedic.

Sur l’ensemble de 2013, l’Unedic s’attend à un déficit de 4,7 milliards d’euros. A l’heure actuelle, sur les cinq millions de chômeurs inscrits à Pôle emploi, près de trois millions sont indemnisés.

Financement difficilement soutenable

En effet, souvent les jeunes, notamment, qui entrent sur le marché du travail, ne remplissent pas les critères nécessaires pour y avoir droit. Il faut ainsi justifier de 122 jours de travail ou 610 heures au cours des 28 mois qui précèdent la fin du contrat de travail pour les moins de 50 ans, ou 36 mois pour les 50 ans et plus. La durée d’indemnisation, elle, varie selon la durée du travail réalisé. Elle va de quatre à vingt-trois mois pour les moins de 50 ans et même trente-six mois pour les plus de 50 ans.

Mais ces règles pourraient bientôt changer. Dans un rapport rendu en janvier, les magistrats de la Cour des comptes ont recommandé non seulement de «mieux cibler» les efforts sur ceux qui subissent davantage la crise, mais aussi de réviser en profondeur l'assurance-chômage.

Plus «protecteur» et généreux qu'ailleurs en Europe, son financement apparaît «difficilement soutenable».