Le patron de GDF Suez tire à boulets rouges sur les subventions accordées par l’Europe aux énergies renouvelables

ENVIRONNEMENT Il a affirmé sur Europe 1 que «le débat commence» pour pouvoir faire baisser le prix de l’énergie et plaide pour l’exploitation (controversée) du gaz de schiste en France...

F.V.

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GDF Suez a haussé le ton jeudi face aux gouvernements français et belge en critiquant ouvertement le gel des tarifs du gaz en France, qui amputera ses résultats de 400 millions d'euros cette année, et en agitant de nouveau la menace de fermeture de trois réacteurs nucléaires en Belgique.
GDF Suez a haussé le ton jeudi face aux gouvernements français et belge en critiquant ouvertement le gel des tarifs du gaz en France, qui amputera ses résultats de 400 millions d'euros cette année, et en agitant de nouveau la menace de fermeture de trois réacteurs nucléaires en Belgique. — Frank Perry afp.com

Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez, a affirmé ce jeudi sur Europe 1 que les conclusions du sommet européen sur l’environnement n’apportaient «aucune réponse» à ses questions. «Avec huit chefs d’entreprises européennes [les allemands EON et RWE, le néerlandais GasTerra, les italiens Enel et Eni, et les espagnols Iberdrola et GasNatural Fenosa, et le français GDF Suez] nous avions alerté les chefs d’Etat sur l’échec que représente la politique européenne de l’énergie, a-t-il expliqué à Europe1. Je crois qu’on a été entendu, mais les décisions n’apportent pas de réponse à nos questions, ni sur la sécurité de l’approvisionnement ni sur le climat.»

«L’Europe souffre du manque de compétitivité énergétique»

«Pour nous le débat commence, a-t-il poursuivi. Nous avons décidé d’aller voir les chefs d’Etat européens un à un pour leur expliquer la gravité de la situation sur le plan de la politique européenne – compétitivité : les prix sont élevés en Europe et climat : les émission de CO2 augmentent.» Selon lui, «l’Europe souffre du manque de compétitivité énergétique ». Il souhaite faire baisser le prix de l’énergie, qui  n’augmenteront pas le 1er juillet, comme il l’a confirmé, mais «sont appelés à augmenter» sur le long terme.

Le PDG de GDF SUEZ estime par ailleurs que les subventions accordées par l’Europe aux énergies renouvelables (éoliennes, solaire…) sont trop élevées. «La hausse des subventions accordées à ce secteur aboutit à des surcoûts, a-t-il affirmé. En Allemagne, le surcoût lié aux paiements des subventions liées au renouvelable représentent l’intégralité du prix de l’électricité que payent les industriels américains».

Exploiter le gaz de schiste, une «trajectoire suicidaire», selon Nicolas Hulot

Gérard Mestrallet propose de mettre l’accent sur la recherche, en particulier sur le gaz de schiste, qui a apporté selon lui «une vraie révolution aux Etats-Unis», le seul producteur aujourd’hui. «Il y a des réserves dans le monde entier.  La France est géologiquement susceptible d’avoir, avec la Pologne, les plus importantes réserves de gaz de schiste en Europe. Il faudrait explorer : tant qu’on aura pas foré on ne saura pas», a-t-il ajouté. Mais il faut que la technologie d’extraction soit «propre et protège l’environnement», a-t-il précisé.

L’exploitation du gaz de schiste est très controversée. Les écologistes dénoncent de graves répercussions sur l’environnement. Nicolas Hulot, auditionné ce jeudi à Paris dans le cadre du débat sur la transition énergétique, a ainsi mis en garde contre une «trajectoire suicidaire». «Avec le gaz de schiste, la seule chose que je peux vous dire, c'est qu'il n'y a pas de dénouement heureux», a-t-il affirmé. GDF Suez prospecte sur le gaz de schiste au Royaume-Uni, Danemark, Algérie, Chine, mais pas en France. Le président, François Hollande, s’y est opposé catégoriquement.

Les conclusions du sommet européen sont explicites: «Le choix du bouquet énergétique est de la compétence des Etats». Pour de nombreux spécialistes, la priorité sera toujours donnée à l'électricité d'origine nucléaire car on ne peut stopper les centrales. L'UE s'est imposée pour 2020 de réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre, de porter à 20% la part des renouvelables dans la consommation et à réaliser 20% d'économies d'énergie.