Pourquoi les PME vont chercher leur financement en Bourse

FINANCEMENT En manque cruel d’accès au financement, les petites entreprises françaises peuvent désormais se tourner vers de nouvelles places de marchés dédiées...

Bertrand de Volontat
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Passée l'euphorie suscitée par le plan anticrise mis au point par les responsables de la zone euro, les Bourses européennes se sont fortement repliées lundi, victimes de prises de bénéfices et de pressions persistantes sur la dette de l'Italie.
Passée l'euphorie suscitée par le plan anticrise mis au point par les responsables de la zone euro, les Bourses européennes se sont fortement repliées lundi, victimes de prises de bénéfices et de pressions persistantes sur la dette de l'Italie. — Marc Tirl afp.com

Ce jeudi, Nyse Euronext, le premier groupe mondial de places boursières, lance une place de marché des PME (7%) et ETI (93%), la bourse des entreprises.

C’est quoi une Bourse pour les PME?

Comprenez une bourse facilitant le financement des petites et moyennes entreprises et des entreprises de taille intermédiaire, pour «renforcer le tissu entrepreneurial, gage de croissance et d’emploi», selon Dominique Cerutti, président du directoire d’Euronext NV. 800 entreprises françaises et européennes, déjà inscrites sur différents segments de l’opérateur, seront de facto listées sur ce nouveau marché. L'objectif est d’en attirer trois fois plus d’ici trois ans.

Pourquoi entrer en bourse ?

«Il y a un besoin chronique de financement de l'equity gap», assène Pierre Lasserre, président d'Alternativa. En français, les PME ont besoin de «faire des augmentations de capital». Car si les PME de l’Hexagone représentent 83% du PIB,  leur accès au financement reste pourtant difficile. Les banques prêtent de moins en moins et les fonds propres de ces petites entreprises sont faibles, limitant leur capacité de développement. Il s’agit d’entreprises dont les revenus annuels oscillent entre 250.000 euros et 50 millions et  qui ont généralement besoin de moins de 2,5 millions d’euros, une tranche peu couverte par les investisseurs. Entrer sur ces bourses permet aux petites entreprises d’avoir enfin accès à des financements en actions auprès d’investisseurs sur le marché.

Qui investit dans les PME?

Une petite entreprise n’attire généralement peu la confiance des banques ou des investisseurs. Ici, ces derniers ont la possibilité de soutenir l’économie de leurs pays, un acte solidaire et qui rapporte, en temps de crise. En effet, les sommes placées sont déductibles des impôts. Dans la mouvance du crowdfunding (finance participative en ligne) dédiée aux startup, cette bourse permet un contact privilégié et une meilleure proximité entre les investisseurs et les entrepreneurs, favorisant ainsi les échanges.

Ca n’existe pas déjà?

Sur le même modèle, Alternativa, bourse créée en 2007 et agréée par l’AMF (le régulateur financier), soutient les entreprises de taille inférieure (- de 50 millions de chiffre d’affaires, - de 250 personnes). Son objectif est de financer la croissance de ces entreprises et de favoriser l’échange de titres de petites valeurs. «Les grosses bourses ne s’intéressent pas au PME, c’est chronique», expliquent Pierre Lasserre et Philippe Dardier (directeur général d’Alternativa). Une fois que l’entreprise a grossi + de 50 millions de revenus), elle intègrera l’échelon supérieur, c’est-à-dire la bourse de Nyse. «Nous sommes complémentaires», poursuivent-ils. Alternativa réunit pour l’heure 32 sociétés et 5.000 investisseurs et vise 100 sociétés d’ici 3 à 4 ans.

Combien ça coûte pour les PME?

Etre coté sur Alternativa coûte en moyenne 19.700 euros (avec d’importantes réductions des frais d’entrée). «C’est un circuit court,  de proximité et à bas coût», affirment les dirigeants.

Est-ce que ce sera suffisant pour aider les PME?

Ces bourses viennent en complément de programmes gouvernementaux en cours de réalisation. Dans cette optique François Hollande a annoncé jeudi dernier lors de sa conférence de presse que l’assurance-vie serait «réformée» et a réaffirmé que l’imposition des plus-values mobilières serait «révisée», afin de «mieux orienter l’épargne des Français vers l’investissement productif». Sera ainsi «un plan d’épargne action pour les PME sera créé avec des dispositifs incitatifs».