Travail: Comment le lundi de Pentecôte est redevenu un jour férié

EMPLOI Le niveau d'activité baisse considérablement dans certaines activités bien que les PME continuent de faire l'effort...

Bertrand de Volontat

— 

Les salariés Français sont critiques vis-à-vis de leurs managers.
Les salariés Français sont critiques vis-à-vis de leurs managers. — SIERAKOWSKI / JOCHMANS / ISOPIX / SIPA

Le lundi de Pentecôte est redevenu un jour férié. Les entreprises ont donc désormais la main libre sur l’organisation de ce lundi qui n’est donc plus officiellement la journée de solidarité au bénéfice des personnes âgées et handicapées. Comment est alors financée cette journée de solidarité, qui a rapporté 18,6 milliards d’euros en neuf ans, si seuls 20% des salariés français travaillent?

Des recettes inférieures aux prévisions à prévoir

La journée de solidarité n’a pas pour autant disparu puisqu’elle devrait rapporter 2,45 milliards d’euros cette année, somme destinées en partie à financer les maisons de retraite, selon le gouvernement. Les recettes de cette journée devraient être «un peu inférieures» à cette prévision, en raison de la situation économique, selon Luc Allaire, directeur de la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie).

Toutefois le lundi de Pentecôte a perdu son caractère «non-rémunéré» et près de 80% des salariés ne travailleront pas ce lundi. «Ce ne sont qu'à peu près 20% des salariés qui travaillent de fait le lundi de Pentecôte donc ça perd de la lisibilité», constate la ministre déléguée chargée des Personnes âgées et de l'Autonomie Michèle Delaunay, «d'autant plus qu'on peut segmenter ce jour travaillé en faisant une heure de temps en temps».

Les PME travaillent plus que les grands groupes

Une étude du groupe d’intérim Randstad publiée ce lundi revient sur la baisse continue de l’activité de cette journée. Et la première conclusion est que de plus en plus d’entreprises «ferment boutique» ce lundi. La raison principalement avancée est que le nombre de clients (professionnels et consommateurs) est fortement réduit. Le secteur qui réduit le plus sensiblement son activité est l’industrie et le BTP, avec une chute «de 50 à 90% par rapport à un jour ouvré traditionnel». Toutes les filières, automobile, agroalimentaire, chimie, sont touchées à l’exception de l’aéronautique en raison d’un «carnet de commandes bien rempli». Derrière, les services affichent une baisse de rendement de l’ordre de 10 à 20%.

La véritable différence repose sur l’écart entre PME et grands groupes. En effet, les salariés qui travaillent ce lundi de Pentecôte sont ceux employés principalement par les petites et moyennes entreprises. Cela est souvent dû au fait que les patrons de PME ne savent généralement pas s’ils doivent ou non faire venir leurs employés ce lundi. Les plus grandes entreprises définissent cela dans les accords négociés par les partenaires sociaux.