Les éleveurs de porcs en guerre contre la viande étrangère

AGRICULTURE les élevages perdent 10.000 euros par mois...

avec AFP
— 
Des porcs d'élevage.
Des porcs d'élevage. — J.GRESS/REUTERS

La mobilisation est en train de payer. Depuis lundi soir, des éleveurs de porcs interceptent des camions frigorifiques pour contrôler l'origine de la viande transportée, en Mayenne et dans les Côtes-d'Armor, dans le cadre d'une mobilisation nationale pour une revalorisation des cours du porc et une mise en avant de la viande française.

Des actions dans le Grand Ouest

Ce mardi, d'autres actions sont attendues dans le Grand Ouest, principale zone de production, notamment dans le Morbihan, l'Ille-et-Vilaine, la Loire-Atlantique, la Vendée, la Manche, l'Orne et le Calvados.

«On contrôle tous les camions frigorifiques, pour savoir s'il s'agit, à l'intérieur, de viande française et si elle porte le logo VPF (viande porcine française), ou si c'est de la viande étrangère», a expliqué Nathalie Marchand, présidente de la commission porcs de la chambre d'agriculture d'Ille-et-Vilaine. «Si c'est de la viande française sans logo, on rassemblera tous les camions et on les amènera au préfet, si c'est de la viande étrangère elle aura une autre destination», a-t-elle ajouté, en précisant qu'il n'était pas question «de laisser circuler de la viande étrangère» si celle-ci «n'est pas soumise aux mêmes obligations que la française». «On met en application ce que les membres du gouvernement nous demandent», à savoir consommer local, a ajouté Nathalie Marchand.

30 centimes du kilo

«Il nous manque environ trente centimes du kilo de cochon. Entre fin octobre et début avril, les élevages ont perdu en moyenne 26.000 euros et depuis début avril on perd en moyenne 10.000 euros par mois, c'est intenable, intenable», a souligné Didier Lucas, président de la FDSEA et président de la section porcs.

Ce matin, le ministre de l'Agriculture a annoncé son intention d’oeuvrer auprès des acteurs de la filière porcine pour les forcer à revaloriser le prix payé aux producteurs. Stéphane Le Foll a estimé possible, d'atteindre 25 centimes de hausse par kilo.