Ségolène Royal conseille à Hollande de remanier le ministère de l'Economie

ECONOMIE La présidente du conseil régional du Poitou-Charentes dénonce la zizanie entre ministres...

Mathieu Bruckmüller
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Le ministère de l'économie à Bercy.
Le ministère de l'économie à Bercy. — JPDN/SIPA

Ségolène Royal refait parler d’elle. Dans un entretien au Monde, la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes estime ce lundi qu’une restructuration du gouvernement «est nécessaire». 

Interrogée sur l’idée d’un remaniement évoqué par le chef de l’Etat, elle appuie l’idée selon laquelle il «faut toujours être dans le mouvement, surtout quand il y a l’attente d‘un nouveau souffle». Dans le viseur de l’ancienne candidate à l’élection présidentielle: «La vaste galaxie de Bercy.» 

Pour Ségolène Royal, interrogée lundi également par France Inter, «ce qui n'est plus supportable, notamment pour tous ceux qui se battent pour créer des activités, des emplois», ce sont «les zizanies entre ministres». A ses yeux, Bercy est «le ministère clef vers lequel tous les regards sont tournés pour savoir quelles sont les orientations, les leviers d'action».



Ségolène Royal - 8h40 par franceinter

Difficile cohabitation

Ce n’est un mystère pour personne qu’avec sept ministres (Pierre Moscovici, Bernard Cazeneuve, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Nicole Bricq, Fleur Pellerin, Sylvia Pinel), le ministère de l’Economie est un paquebot difficile à manœuvrer entre les ambitions de chacun. Un ministre confiait récemment à 20 Minutes qu’effectivement à l’heure de la réforme de l’Etat et des économies, réduire le nombre de ministres ne serait pas une mauvaise idée.

Manque de lisibilité

L’attelage entre Pierre Moscovici en charge de l’Economie et d’Arnaud Montebourg qui pilote le Redressement productif est délicat avec deux lignes opposées. Le premier social-libéral et le second très interventionniste ont du mal à cohabiter. Dernier couac en date auquel Ségolène Royal fait allusion: début mai après que Pierre Moscovici a déclaré ne pas avoir été «particulièrement impliqué» dans le dossier de l'éventuelle reprise de Dailymotion par Yahoo!, alors que son homologue Arnaud Montebourg, a affirmé qu'il était partie prenante. Un cafouillage qui a mobilisé l’entourrage des ministres toute une journée avant de clarifier ce différent. Et qui est aussi une des sources du manque de lisibilité de la politique du gouvernement en France comme à l’étranger.

Ségolène Royal pense-t-elle devenir ministre? «Ce n'est pas d'actualité. Comme dit Roosevelt: faire ce que l'on a faire, là où l'on est, avec les moyens que l'on a.» Elle entend notamment mener à leur terme «de grands chantiers» lancés dans sa «région laboratoire». «Quoi qu'il en soit, je serai candidate à ma succession à la tête du conseil régional de Poitou-Charentes» aux régionales de 2015, dit-elle.