Vent d'optimisme sur les Bourses mondiales qui alignent les records

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Les Bourses mondiales profitent d'un vent d'optimisme qui a amené plusieurs d'entre elles à franchir des records historiques, une situation qui tranche avec la morosité économique ambiante et fait craindre à certains analystes un emballement artificiel.
Les Bourses mondiales profitent d'un vent d'optimisme qui a amené plusieurs d'entre elles à franchir des records historiques, une situation qui tranche avec la morosité économique ambiante et fait craindre à certains analystes un emballement artificiel. — Kazuhiro Nogi AFP

Les Bourses mondiales profitent d'un vent d'optimisme qui a amené plusieurs d'entre elles à franchir des records historiques, une situation qui tranche avec la morosité économique ambiante et fait craindre à certains analystes un emballement artificiel.

Les records affluent et s'accélèrent depuis début mai: l'indice DAX à Francfort a franchi un record historique, Londres a retrouvé son niveau d'octobre 2007 (avant la crise financière) tout comme Tokyo. New York mène la danse et n'en finit pas d'afficher quasiment quotidiennement des nouveaux records.

Paris est en revanche à la traîne. Le CAC 40 retrouve tout juste ses niveaux de l'été 2011 et est encore loin de son plus haut historique (quasiment 7.000 points en octobre 2000) et de son niveau d'avant la faillite de Lehman Brothers, à l'automne 2008 (4.332 points).

«On nage en plein paradoxe» à la vue de ces fortes progressions des cours, soulignait-on récemment chez Swiss Life gestion privée, où l'on s'interroge sur cette évolution alors que la situation économique mondiale est loin d'être stabilisée et continue même à se dégrader par endroits, notamment en Europe.

De fait dans les milieux financiers, la progression des Bourses des pays matures est diversement interprétée.

Certains estiment qu'il s'agit d'un mouvement artificiel, induit par les importantes liquidités déversées par les banques centrales, alors que d'autres justifient ces records par les perspectives de redressement de l'économie mondiale et les faibles valorisations.

«La dichotomie entre l'économie réelle et la sphère financière s'accentue et ce phénomène est inquiétant», fait remarquer Guillaume Garabédian, gérant de portefeuilles chez Meeschaert Gestion Privée.

Selon lui, les Bourses montent essentiellement grâce aux banques centrales qui avec leurs politiques ultra-accommodantes, les baisses de leur taux directeur, créent un afflux de liquidités dans les circuits financiers.

Toutes les classes d'actifs en profitent, même les plus risquées comme les dettes des pays du sud de l'Europe qui trouvent preneurs malgré les difficultés de ces pays.

Ce mouvement haussier pourrait même engendrer une nouvelle bulle financière. C'est ce que commencent à craindre certains gérants dont fait partie Jonathan Sudeira, chez Capital Spreads.

Il estime que «malgré les efforts des banques centrales, les volumes échangés se réduisent, et les hauts niveaux atteints par certaines valeurs commencent à devenir injustifiés pour des opérateurs à qui l'on demande, dans le même temps, d'ignorer la réalité de la situation économique».

Les «bullish», ceux qui croient en une poursuite de la hausse sur des bases saines et justifiées, ont également leurs arguments. Et pour l'instant ils semblent prévaloir.

Les investisseurs sont confortés par une croissance économique américaine qui repart, des frémissements observés en Allemagne, les discours encourageants des chefs d'entreprises pour la fin de l'année et la disparition du risque d'implosion de la crise de la dette en zone euro, notent pêle-mêle les gérants dans les salles de marché.

Philippe Waechter, économiste chez Natixis fait remarquer que au-delà des mesures prises par les banques centrales, la situation aux Etats-Unis toujours moteur de la croissance des marchés boursiers dans le monde, est satisfaisante et explique le vent d'optimisme sur les marchés .

«Il y a une croissance, certes modérée, mais présente et les anticipations sont positives», souligne-t-il, ajoutant que les gestionnaires sont à la recherche de rendement et enclins à se porter sur les actifs risqués.

Par ailleurs les entreprises, prudentes dans leur désir de croissance externe, rachètent leur propres titres, ce qui fait mécaniquement monter les actions. «Au total nous sommes dans un contexte qui est extrêmement favorable aux marchés boursiers», ajoute-t-il.

Pour M. Garabédian, la question se résume à analyser sur le fond les raisons de la hausse. «Car si les marchés progressent sur des raisons qui ne sont pas suffisamment valables, le revers sera sévère», prévient-il.