Commerce mondial: Chine et UE accentuent leur bras de fer

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Deux grands acteurs du commerce mondial, l'UE et la Chine, ont musclé leur bras de fer commercial, l'Europe taxant les panneaux solaires chinois, et Pékin ripostant sur les tubes sans soudure, première poussée de fièvre quelques heures après la désignation du nouveau patron de l'OMC, le brésilien Azevedo.
Deux grands acteurs du commerce mondial, l'UE et la Chine, ont musclé leur bras de fer commercial, l'Europe taxant les panneaux solaires chinois, et Pékin ripostant sur les tubes sans soudure, première poussée de fièvre quelques heures après la désignation du nouveau patron de l'OMC, le brésilien Azevedo. — Vallourec

Deux grands acteurs du commerce mondial, l'UE et la Chine, ont musclé leur bras de fer commercial, l'Europe taxant les panneaux solaires chinois, et Pékin ripostant sur les tubes sans soudure, première poussée de fièvre quelques heures après la désignation du nouveau patron de l'OMC, le brésilien Azevedo.

La réponse de la Chine est tombée vendredi après la proposition mercredi de la Commission européenne de taxer en moyenne à 47% les panneaux solaires chinois importés en Europe, accusés de laminer injustement les acteurs européens du secteur.

Pékin a annoncé une enquête antidumping sur «certains tubes sans soudure utilisés à haute température et haute pression importés de l'Union européenne, du Japon et des Etats-Unis», selon le ministère chinois du Commerce.

Jeudi, la très officielle agence de presse Chine nouvelle a, dans un commentaire, mis en garde l'Union européenne contre un «retour de bâton» après sa proposition de taxes de la veille.

«L'idée que la Chine va rester inactive et accepter les taxes les bras croisés n'est tout simplement pas réaliste», a écrit Chine nouvelle.

Ces deux importants acteurs du commerce mondial ont plusieurs dossiers de contentieux sur la table et font chacun face à leurs difficultés économiques: récession en Europe, et ralentissement en Chine, assorti d'un affaiblissement tendanciel de la balance commerciale.

Les deux entités s'opposent sur le libre accès au marché chinois, la défense des droits de propriété intellectuelle, ou encore la taxation en Europe de la pollution provoquée par les compagnies aériennes.

Illustration de ces relations compliquées: l'UE, qui veut ouvrir des négociations de libre-échange avec les Etats-Unis, le Canada et le Japon, n'est pas pressée d'en entamer avec la Chine, préférant déjà avancer sur un projet de traité bilatéral d'investissement qui marque le pas.

Vendredi, l'annonce de Pékin a provoqué un recul de la cotation de l'action d'un groupe français de tubes sans soudures, Vallourec, mais celui-ci s'est voulu rassurant, affirmant que moins de 1% de son chiffre d'affaires serait concerné.

Cadeau de bienvenue

Ces manoeuvres protectionnistes font office de cadeau de bienvenue au nouveau patron l'Organisation mondiale du commerce (OMC), le brésilien Roberto Azevedo, représentant des pays émergents chargé de débloquer des négociations de libéralisation au point mort. M. Azevedo a été désigné mercredi. Il sera formellement nommé la semaine prochaine et prendra ses fonctions le 1er septembre.

Le choix d'un représentant des pays émergents pour diriger cette institution embourbée dans des antagonismes puissants a suscité un certain espoir.

«L'OMC est capable de s'ajuster, de se transformer en fonction des grandes évolutions de l'économie mondiale et notamment de ce grand basculement qu'on a connu au cours des dernières années et que la crise a accéléré, entre les pays avancés comme l'Europe ou les Etats-Unis et les pays émergents», a jugé mercredi le dirigeant sortant, le français Pascal Lamy.

Pour autant, ceci ne devrait pas changer la donne entre ces deux blocs de pays, selon lui. «Ce serait aller un peu loin parce que comme ces prédécesseurs, le directeur de l'OMC doit être neutre», a-t-il dit.

Chine et UE ont elles aussi salué sa désignation, Chine nouvelle ajoutant que «personne ne devrait ignorer que les efforts d'Azevedo pour relancer les négociations commerciales et combattre les mesures protectionnistes nuisibles ne pourront réussir que si les puissances économiques mondiales se rallient derrière lui et résolvent leurs divergences».