Espoirs après le choix de Roberto Azevedo pour diriger l'OMC

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Le choix du Brésilien Roberto Azevedo pour diriger l'Organisation Mondiale du Commerce a été accueillie avec beaucoup d'espoirs et quelques interrogations, espoirs de le voir sortir de l'impasse les négociations commerciales mais interrogations quant à sa distanciation vis-à-vis du protectionnisme du Brésil.
Le choix du Brésilien Roberto Azevedo pour diriger l'Organisation Mondiale du Commerce a été accueillie avec beaucoup d'espoirs et quelques interrogations, espoirs de le voir sortir de l'impasse les négociations commerciales mais interrogations quant à sa distanciation vis-à-vis du protectionnisme du Brésil. — Fabrice Coffrini AFP

Le choix du Brésilien Roberto Azevedo pour diriger l'Organisation Mondiale du Commerce a été accueillie avec beaucoup d'espoirs et quelques interrogations, espoirs de le voir sortir de l'impasse les négociations commerciales mais interrogations quant à sa distanciation vis-à-vis du protectionnisme du Brésil.

M. Azevedo a été officiellement retenu pour diriger l'OMC, a annoncé mercredi le président de la troïka chargée de la sélection des candidats, l'ambassadeur pakistanais Shahid Bashir.

Sa nomination formelle interviendra la semaine prochaine lors d'une réunion du conseil plénier des 159 Etats membres. Le choix de M. Azevedo pour remplacer le Français Pascal Lamy avait été annoncé mardi de sources diplomatiques. Ce choix se fait par consensus et non pas un vote.

«Il était en tête à toutes les étapes» de la sélection, a déclaré à l'AFP M. Bashir. Au troisième et dernier tour de la sélection, M. Azevedo, 55 ans, représentant du Brésil à l'OMC depuis 2008, était en compétition avec un poids lourd du commerce international, le Mexicain Herminio Blanco, 62 ans.

Le Brésilien a reçu mercredi le soutien appuyé de l'ambassadeur américain Michael Punke. «Je pense que c'est une très bonne journée pour l'OMC», a-t-il dit aux journalistes. «Nous sommes satisfaits de nous joindre à ce consensus et de soutenir Azevedo», a encore dit le représentant américain.

Les Mexicains, beaux joueurs, ont salué sa victoire. «Au nom du gouvernement du Mexique, je tiens à féliciter du fonds du coeur l'ambassadeur Roberto Azevedo», a déclaré l'ambassadeur Fernando de Mateo. «Avoir un Directeur général issu de l'Amérique Latine est en soi un succès pour notre région et un pas positif pour l'organisation», a--t-il dit.

Cela fait plus de quatre mois qu'avait commencé le processus de sélection du nouveau directeur général qui doit prendre, le 1er septembre pour un mandat de quatre ans, la succession de Pascal Lamy, 65 ans.

Les grandes nations commerciales doivent combattre le protectionnisme et agir pour sauver et relancer les négociations sur la libéralisation du commerce, a affirmé mercredi M. Azevedo.

«Le système multilatéral de commerce est un bien commun de tous les pays (...) ils ont besoin de ce système», a-t-il poursuivi.

«Avec la crise de 2008, des tendances protectionnistes ont émergé, elles sont toujours là. Nous devons les combattre». «Nous sommes de mon point de vue face au risque de perdre un système trés valable, un système pour lequel nous nous sommes tous battus, pour le créer et le faire avancer», a-t-il déclaré.

La conférence ministérielle des 159 Etats membres en décembre à Bali «offre une chance de prendre les premières mesures pour sauver le système», a souligné M. Azevedo. Il appelé tout les membres à réfléchir aux enjeux.

«Ce que fait l'OMC a un impact sur la vie de tous, même s'ils n'en ont pas conscience», a-t-il insisté. «A ce moment il ne s'agit pas d'avoir ce que l'on veut mais il s'agit de sauver ce que nous avons», a-t-il mis en garde espérant que «le patient sera encore en train de respirer» quand il prendra son mandat.

Dès mardi le choix de M. Azevedo a été salué au Brésil. Sa désignation à la tête de l'OMC «révèle un ordre mondial en transformation» et constitue une victoire pour le Brésil, a estimé le chef de la diplomatie Antonio Patriota.

A Washington, les Etats-Unis ont assuré mercredi avoir «hâte» de travailler avec lui afin de bâtir une institution «solide» et «utile», a indiqué le représentant spécial au Commerce extérieur américain par intérim, Demetrios Marantis, dans un communiqué.

Même tonalité positive à Bruxelles: «une OMC forte exige un directeur général fort», a affirmé le commissaire européen chargé du Commerce, Karel De Gucht.

D'après M. De Gucht, M. Azevedo a les qualités nécessaires pour sortir de l'impasse les négociations commerciales du cycle de Doha en panne depuis 2001.

«À cet égard, une première étape cruciale sera la prochaine Conférence ministérielle de l'OMC à Bali qui vise à obtenir des résultats» concernant la libéralisation «du commerce, de l'agriculture et un certain nombre de questions de développement», a souligné le commissaire européen.