Course à présidence du Medef: 5 candidats sur la ligne de départ

PATRONAT Gros plan sur les forces en présence pour prendre la succession de Laurence Parisot...

Claire Planchard
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Au siège du Medef à Paris, le 11 janvier 2013.
Au siège du Medef à Paris, le 11 janvier 2013. — JACQUES DEMARTHON / AFP

Alors que la campagne électorale démarre officiellement ce mardi, une chose est déjà sûre : le 3 juillet prochain c’est un homme qui succédera à l’actuelle présidente du Medef Laurence Parisot.

Sur les cinq candidatures validées lundi par le comité statutaire de l’organisation patronale, il ne figure en effet aucune femme. Ni même de candidat surprise de dernière minute.

Face aux «outsiders» Thibault Lanxade, patron de la PME Aqoba, et Hervé Lambel, fondateur du CERF, organisation patronale représentative des TPE, ce sont bien les trois favoris déclarés depuis plusieurs mois qui s’affronteront.

Clivage socio-économique

D’une part, Patrick Bernasconi, le président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) : cet ancien proche de Laurence Parisot, aux manettes de la négociations sur l’accord de sécurisation de l’emploi, incarne un patronat «plus sensibles aux problématiques sociales». Il sera en concurrence frontale face à la ligne «très économique» de Pierre Gattaz : le patron du groupe Radiall et président du Groupe des fédérations industrielles (GFI), qui a reçu le soutien de la puissante fédération de la métallurgie (UIMM) s’est fait le chantre de la compétitivité et défend un Medef de «combat» pour défendre les intérêts économiques du pays.

En marge de ce duel, le médiatique Geoffroy Roux de Bézieux, président fondateur du groupe Omea (Virgin Mobile), pourrait jouer les arbitres, mais il devra se passer du soutien d’une grande fédération.

«Cette succession ne se joue pas tant par rapport au bilan de Laurence Parisot que par rapport au climat général que traversent aujourd’hui les chefs d’entreprise vent debout face aux mesures du gouvernement et refusent d’être les seuls à faire des efforts. Dans ce contexte le vrai clivage entre les candidats se situe avant tout sur la place respective accordée au dialogue social et aux exigences économiques », analyse Bernard Vivier, président de l’Institut supérieur du travail, qui prédit un «durcissement du discours» pendant la campagne

Scrutin le 3 juillet

Les cinq candidats seront auditionnés le 23 mai par le comité exécutif du Medef qui rendra le 3 juin son avis à l'Assemblée générale. La décision finale revient à ses 560 membres ayant voix délibérative qui voteront le 3 juillet. Le candidat qui obtient la majorité absolue est élu, à condition que les deux tiers des membres votants aient pris part au scrutin. Si aucun candidat ne l'obtient, un second tour est organisé.