A Saint-Nazaire, l'avenir flou du chantier naval

ECONOMIE En difficulté financière, son propriétaire coréen souhaite le mettre en vente...

Frédéric Brenon

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Un millier de salariés de l'industrie navale avaient manifesté le 14 février à Saint-Nazaire.
Un millier de salariés de l'industrie navale avaient manifesté le 14 février à Saint-Nazaire. — F. elsner / 20 Minutes

Passés en 2006 d’Alstom à Aker yards, puis d’Aker à STX en 2008, les chantiers navals de Saint-Nazaire vont-ils encore changer de propriétaire ? Leur pérennité peut-elle être remise en cause ? Ces questions reviennent avec insistance depuis l’annonce samedi par le groupe sud-coréen STX, de son intention de céder ses chantiers français et finlandais, en raison d’une énorme dette à purger.

«Cette nouvelle ne nous surprend pas mais ajoute beaucoup d’inquiétudes chez les salariés. On se demande ce que fera le gouvernement maintenant. Quelle ambition a-t-il pour la construction navale française ?» s’interroge Joël Cadoret (CGT). «Le moment est venu que l’Etat nationalise le dernier grand chantier naval français», affirme de son côté Nathalie Durand (FO). «Si cela se confirme, la question d’une participation supérieure de l’Etat se posera, même à titre provisoire, considère aussi Jacques Auxiette, président du conseil régional. Il faudra veiller à ce qu’un nouvel actionnaire ne démantèle pas les chantiers.»

Par le biais de son ministre de l’économie, Pierre Moscovici, l’Etat, qui détient déjà 33 % du capital des chantiers nazairiens, s’est voulu rassurant. «Le gouvernement est pleinement mobilisé sur ce dossier. STX France a pleinement consolidé son activité ces derniers mois grâce à d’importants contrats remportés. L’activité de Saint-Nazaire n’est donc aucunement menacée par les événements de Corée.»

 

Deux navires militaires (BPC), en cours de construction, seront livrés en 2014 et 2015 à l’Etat russe. Un paquebot géant, de type, Oasis, doit aussi être remis en 2016 à RCCL. Sa construction n’a pas débuté.