Qui veut les marchés prépare l’après-guerre

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Alcatel, TotalFinaElf ou Peugeot : en novembre, plus de 80 entreprises françaises participaient à la Foire internationale de Bagdad. Cinq mois plus tard, elles tentent de préparer leur retour. Avec la crainte que les Américains n’accaparent le marché irakien. Bercy et le Medef planchent ensemble sur le dossier. « Une réflexion informelle », indique l’organisation patronale. Et avec un précédent en tête : la reconstruction du Koweït, en 1991, qui avait peu profité aux firmes françaises. « Nous n’étions pas prêts », concède le Medef. Mais d’une guerre du Golfe à l’autre, la donne a changé. « Pour éviter la mainmise américaine, il faut placer l’Irak sous l’administration de l’ONU », juge un entrepreneur. Il y aura de toute façon de la place pour tous, espère un autre : « Les Américains seront obligés de sous-traiter. » En première ligne, Total lorgne sur le pétrole irakien. D’autres traversent la crise plus sereinement, comme Sicamex. Ce producteur d’outillage pour lignes électriques, qui réalise 3 % de ses exportations en Irak, ne craint pas la concurrence. « Les normes électriques du pays sont françaises », explique Claude Valluy, responsable des ventes au Moyen-Orient. François Krug