Bruxelles donne deux ans à la France pour ramener son déficit sous la barre des 3%

INDICATEUR Après les nouvelles prévisions de la Commission européenne...

M.B. avec AFP

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La zone euro connaîtra cette année une récession plus importante que prévu, avec un Produit intérieur brut se repliant de 0,4% (contre -0,3% jusqu'ici) et un chômage au-dessus de 12%, selon les nouvelles prévisions économiques de la Commission européenne publiées vendredi.
La zone euro connaîtra cette année une récession plus importante que prévu, avec un Produit intérieur brut se repliant de 0,4% (contre -0,3% jusqu'ici) et un chômage au-dessus de 12%, selon les nouvelles prévisions économiques de la Commission européenne publiées vendredi. — Daniel Roland AFP

L'année 2013 va être dure, très dure. Selon les nouvelles prévisions économiques de la Commission européenne publiées vendredi, la France devrait voir son économie se replier de 0,1% en 2013 contre +0,1% prévu par Paris. Pour 2014, la Commission prévoit un retour dans le vert, avec une progression du PIB de 1,1%. Cette fois, sa prévision est plus proche de celle du gouvernement français (+1,2%) que de celle du FMI (+0,9%). En attendant, le chômage qui devrait se stabiliser à 10,6% d'ici décembre, il va atteindre 10,9% dans 18 mois.

Dérapage des comptes publics

De plus, la Commission anticipe un dérapage du déficit public à 3,9% du PIB cette année et 4,2% l'an prochain. En février, elle anticipait un déficit de 3,7% cette année et 3,9% en 2014. Quant au gouvernement français, qui a demandé à ses partenaires de repousser l'objectif de déficit public sous les 3% de 2013 à 2014, il table sur 3,7% cette année et 2,9% l'an prochain. Résultat, selon Bruxelles, il est «raisonnable» d'accorder à la France un délai supplémentaire de deux ans, soit jusqu'en 2015, pour ramener son déficit public sous la barre des 3%, a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, au cours d'une conférence de presse. La stratégie de sérieux budgétaire du gouvernement semble donc avoir convaincu.

Zone euro morose

Mais quand on compare, on se console. L'ensemble de la zone euro connaîtra cette année une récession plus importante que prévu, avec un Produit intérieur brut se repliant de 0,4% (contre -0,3% jusqu'ici) et un chômage au-dessus de 12%, selon Bruxelles. Les 17 pays de l'Union monétaire dans leur ensemble devraient renouer avec la croissance en 2014, avec un PIB en hausse de 1,2%, un chiffre qui a été légèrement revu à la baisse par rapport aux prévisions de février. «L'économie européenne doit se stabiliser au premier semestre 2013. Le retour à la croissance devrait se faire progressivement à partir du deuxième semestre, avant d'accélérer en 2014», indique la Commission dans son rapport.

En attendant, l'économie de la zone euro reste morose face à une demande intérieure en berne et un chômage de masse qui touche 12% de la population active. Un chiffre qui ne devrait quasiment pas reculer en 2014, puisque de 12,2% cette année, le chômage touchera 12,1% de la population l'année prochaine. «Nous devons faire tout notre possible pour lutter contre le chômage en Europe», a estimé le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, en indiquant que le rythme des efforts demandés en matière budgétaire ralentit. «En parallèle, il faut intensifier la mise en place de réformes structurelles», a-t-il prévenu alors que le débat sur l'austérité bat son plein.

Problème: les disparités sont importantes entre pays de la zone euro, tant en ce qui concerne le chômage que la croissance ou les déficits. Huit pays de la zone euro devraient être en récession cette année, selon la Commission, dont la France et les pays du sud comme la Grèce (-4,2%), le Portugal (-2,3%), l'Espagne (-1,5%), l'Italie (-1,3%), ainsi que les Pays-Bas (-0,8%) et la Slovénie (-2,0%) que beaucoup voient comme le prochain candidat à un programme d'assistance financière en raison de la santé vacillante de son secteur bancaire.

Enfin, Chypre va s'enfoncer dans une récession profonde jusqu'en 2014 avec la réduction drastique du secteur bancaire imposée par ses créanciers et un effort de 13 milliards d'euros sur trois ans. Le PIB du pays doit se replier de 12,6% sur la période 2013-2014, selon la Commission.