Le patron de PSA ne voit pas le bout du tunnel

AUTOMOBILE «On ne voit pas de remontée brutale (des ventes en Europe) à l'horizon 2014-2015», a dit Philippe Varin...

avec AFP

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PSA Peugeot Citroën doit se préparer à affronter un marché européen durablement déprimé, en améliorant désormais la compétitivité de ses usines françaises, après avoir redéfini sa gamme et poussé les feux à l'international, a plaidé jeudi son patron, Philippe Varin.
PSA Peugeot Citroën doit se préparer à affronter un marché européen durablement déprimé, en améliorant désormais la compétitivité de ses usines françaises, après avoir redéfini sa gamme et poussé les feux à l'international, a plaidé jeudi son patron, Philippe Varin. — Eric Piermont AFP

PSA Peugeot Citroën doit se préparer à affronter un marché européen durablement déprimé, en améliorant désormais la compétitivité de ses usines françaises, après avoir redéfini sa gamme et poussé les feux à l'international, a plaidé jeudi son patron, Philippe Varin.

«On ne voit pas de remontée brutale (des ventes en Europe) à l'horizon 2014-2015. Le marché ne s'améliore pas», a-t-il déclaré. La baisse du marché automobile européen devrait atteindre 5% cette année et «on va être à -8% en France», a souligné le numéro un de PSA, reconduit en mars pour quatre ans.

Vastre restructuration

Le premier constructeur automobile français a déjà lancé une vaste restructuration de ses activités dans l'Hexagone pour s'adapter à la baisse du marché européen. Elle va se solder par plus de 11.200 suppressions de postes entre mi-2012 et mi-2014 et la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois, en région parisienne. Elle s'inscrit dans un programme plus large, nommé «rebond 2015», qui doit lui permettre d'économiser 1,5 milliard d'euros, alors qu'il a essuyé l'an dernier une perte nette historique de 5 milliards.

Présentée en juillet dernier, cette réorganisation a reçu lundi l'aval, donné à titre consultatif, des représentants du personnel. «On a clairement franchi une étape avec le comité central d'entreprise du début de semaine et nous entrons dans la phase de réalisation du plan» qui va s'étaler jusqu'à l'année prochaine, a souligné M. Varin. PSA va à présent lancer des négociations pour améliorer la compétitivité de ses usines françaises, à l'image de ce qu'a fait son concurrent Renault. Sa direction a déjà commencé à prendre la température auprès des organisations syndicales et le constructeur espère les boucler à l'automne. «Cette nouvelle phase doit conduire à des gains supplémentaires», a souligné M. Varin, pour qui «il faut que les solutions que nous allons élaborer aient la flexibilité nécessaire à la hausse et la baisse».

Le groupe pourrait aussi s'inspirer de l'accord déjà conclu dans son site de Sevelnord (Nord), qui porte sur une gestion plus flexible des RTT et du temps de travail des salariés. PSA s'en tient pour autant à son objectif, présenté en juillet dernier, de diviser par deux le rythme de sa consommation de liquidités cette année et un retour à l'équilibre de sa trésorerie opérationnelle fin 2014, même si les perspectives d'évolution du marché européen se sont dégradées depuis.

L'une des priorités de Philippe Varin pour son nouveau mandat et que les activités en Europe soient de nouveau rentables «mais ça prend du temps», a-t-il reconnu. Arrivé à la tête du constructeur en 2009, il table aussi sur la poursuite de l'internationalisation du groupe, le développement de l'alliance conclue l'an dernier avec le géant américain General Motors et le repositionnement des deux marques, Peugeot et Citroën. Le constructeur a présenté en février dernier sa stratégie en la matière, pour éviter que la marque au lion et celle aux chevrons se fassent concurrence.

«4.000 commandes»

Ceci se traduit par la montée en gamme de Peugeot. En clair, la marque veut vendre plus de modèles plus équipés et à plus forte valeur ajoutée. Cette politique porte déjà ses fruits avec par exemple 10% des citadines 208 commandées en France qui le sont en versions GTI ou haut de gamme XY, selon le patron de PSA. Citroën bénéficie de son côté du succès de sa ligne DS et va repositionner sa ligne C.

PSA va ainsi profiter du succès de ses nouveaux modèles, a assuré Philippe Varin qui a pris pour exemple le petit crossover Peugeot 2008. «On a déjà 4.000 commandes», sans publicité et avant son lancement commercial à la mi-mai, ce qui est supérieur aux prévisions, s'est-il réjoui. Le constructeur compte réaliser la moitié de ses ventes hors d'Europe en 2015, après 38% en 2012 et 24% en 2009, rappelle son numéro un. Le constructeur avance bien en Chine, où il compte deux coentreprises et gagne de l'argent. «On a des réalisations qui commencent à être tout à fait probantes», a-t-il souligné.

Des projets communs

Il a aussi lancé des modèles spécifiques pour les marchés en développement, la Peugeot 301 et la C Elysée qui «marchent très bien, ce qui est de très bon augure». «En Amérique latine et en Russie, nous devons encore nettement améliorer les choses», a-t-il en revanche reconnu. «On avoisine le point d'équilibre en Amérique latine» et «nous sommes en train d'explorer des opportunités avec General Motors» dans la région dans le segment des petites voitures. «En Russie, nous démarrons», avec le lancement l'été dernier de la production complète de véhicules dans l'usine de Kaluga détenue avec le japonais Mitsubishi. Dans ce pays aussi, Philippe Varin veut s'appuyer sur GM pour aller plus vite.

Les deux groupes ont présenté pour l'instant trois projets communs de véhicules, tournés essentiellement sur l'Europe, et lancé une centrale commune d'achats. Il n'est pas exclu qu'ils collaborent dans les utilitaires, «même si nous n'avons pas de projet particulier à l'heure actuelle», a fait savoir Philippe Varin. PSA avait dû geler un projet d'usine en Inde, faute d'argent. Mais «nous avons des projets au Vietnam, en Malaisie et au Kazakhstan que nous étudions et que nous sommes en train de lancer». Ces projets «sont peu consommateurs en capital engagé» car il s'agit d'assemblage et non de fabrication de véhicules, «qui nous permettent de nous développer».