OMC: le candidat brésilien veut favoriser le commerce au profit des pays pauvres

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L'un des deux candidats finalistes de la course à la direction de l'OMC, le Brésilien Roberto Azevedo est convaincu d'être le plus à même à donner un nouveau souffle à l'organisation chargée des règles du commerce international et de leur application.
L'un des deux candidats finalistes de la course à la direction de l'OMC, le Brésilien Roberto Azevedo est convaincu d'être le plus à même à donner un nouveau souffle à l'organisation chargée des règles du commerce international et de leur application. — Fabrice Coffrini AFP

L'un des deux candidats finalistes de la course à la direction de l'OMC, le Brésilien Roberto Azevedo est convaincu d'être le plus à même à donner un nouveau souffle à l'organisation chargée des règles du commerce international et de leur application.

Dans une interview à l'AFP, avant le début mercredi prochain de la dernière ligne droite de la course qui l'oppose à son concurrent mexicain Herminio Blanco, Roberto Azevedo a expliqué à quel point les négociations sur le commerce international étaient enlisées.

«Le système commercial multilatéral est affaibli par une complète paralysie des négociations», a déclaré M. Azevedo, qui est ambassadeur du Brésil à l'OMC depuis 2008, et qui espère être nommé prochain directeur général de l'organisation, le 7 mai.

«La chose importante à garder à l'esprit, c'est qu'il ne s'agit pas seulement des négociations, il s'agit du système» a-t-il expliqué.

«Il s'agit de rendre le système compatible avec le monde d'aujourd'hui, la seule façon d'y arriver est d'encourager le commerce et la libéralisation des échanges en tant que composants essentiels des politiques de développement», a-t-il ajouté.

«Nous ne pouvons pas y arriver tant que nous n'aurons pas débloqué le système», a-t-il insisté.

Créé en 1995, l'OMC a pour but de négocier l'ouverture des marchés commerciaux et de démanteler les barrières, telles que les subventions, les taxes douanières ou autres règles excessives, afin de donner un nouvel élan à l'économie mondiale.

L'objectif affiché du Doha Round, lancé lors d'un sommet au Qatar en 2001, est de développer le commerce au profit des pays les plus pauvres.

Mais les 159 états membres de l'OMC ont régulièrement échoué à conclure un accord sur le Doha Round.

«Objectif irréalisable»

Les principales divisions concernent la Chine, l'UE, l'Inde et les Etats-Unis, et l'on craint désormais que le prochain sommet de l'OMC en décembre 2013 soit un nouvel échec.

«Nous avons commencé Doha en essayant de vendre l'idée que le round était une bonne chose pour nous et que beaucoup de choses allaient se matérialiser», a déclaré M. Azevedo.

«Cependant, l'objectif s'est révélé irréalisable (...), ce que je suggère c'est une modulation de nos ambitions, d'avancer là où c'est possible», et de laisser de côté les sujets trop difficiles, a-t-il poursuivi.

Sur le papier, le Mexicain Blanco est le poids-lourd dans la course pour succéder au Français Pascal Lamy, un ancien commissaire européen, qui a été désigné deux fois, en 2005 et 2009 directeur général de l'OMC.

Herminio Blanco, un économiste de 62 as, a été négociateur du Mexique pour l'accord de libre-échange de l'Amérique du Nord, et dirige un cabinet conseil en matière de commerce international. Il a également été plus de 10 ans ministre du commerce.

M. Azevedo, 55 ans, répond pour sa part que son parcours diplomatique dédié au commerce à Brasilia et à Genève est d'une importance cruciale.

«Au niveau des négociations, il faut un directeur général capable de se retrousser les manches, de s'assoir avec les états-membres, et parler avec eux sur un pied d'égalité», a-t-il dit.

«Pour cela, il faut connaître le système, et c'est à mon avis ce qui distingue le plus ma candidature de celle de M. Blanco», a-t-il estimé.

Le directeur général de l'OMC n'est pas formellement élu, mais désigné par consensus.

Les candidats éliminés au premier tour représentaient le Kenya, le Ghana, la Jordanie et le Costa-Rica. Au 2ème tour, trois autres candidats ont été éliminés, et venaient d'Indonédie, de Corée du Sud et de Nouvelle Zélande.

Avant d'être ambassadeur, M. Azevedo était le chef négociateur du Brésil dans des conflits commerciaux concernant son pays.

«Si je suis élu, je ne vais pas défendre les intérêts brésiliens», a-t-il dit.

Il reconnaît cependant qu'un directeur général en provenance d'un pays en développement aurait une grande valeur symbolique.

A l'exception de la Thaïlande, en 2002-2005, les directeurs généraux de l'OMC étaient tous des Européens.