PSA: Dernière étape ce lundi avant la mise en oeuvre du plan social

INDUSTRIE L'ultime consultation du comité central d'entreprise a lieu ce lundi...

avec AFP

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Tout au long de la procédure, PSA a mis en avant ses mauvais résultats financiers. La baisse de 6,5% des ventes au premier trimestre 2013 et la crainte que le marché européen soit "plus difficile qu'attendu" en 2014 confirment la passe difficile que traverse le premier constructeur automobile français.
Tout au long de la procédure, PSA a mis en avant ses mauvais résultats financiers. La baisse de 6,5% des ventes au premier trimestre 2013 et la crainte que le marché européen soit "plus difficile qu'attendu" en 2014 confirment la passe difficile que traverse le premier constructeur automobile français. — Fred Dufour AFP

Dernière étape avant la mise en oeuvre du plan social de PSA Peugeot Citroën, l'ultime consultation du comité central d'entreprise (CCE) doit entériner ce lundi une réduction drastique des effectifs et la fermeture de l'usine d'Aulnay en Seine-Saint-Denis.

Au cours de ce rendez-vous, les élus doivent rendre leur avis, juste consultatif, sur le plan annoncé il y a plus de neuf mois - le 12 juillet 2012 - par le constructeur, qui devrait ensuite lancer très vite sa réduction des effectifs. Négociations sur le volet social, expertises en cascade exigées par les syndicats sceptiques et procédures judiciaires ont ralenti quelque peu le calendrier initial de la direction, qui a toutefois maintenu le cap.

Mauvais résultats financiers

Tout au long de la procédure, PSA a mis en avant ses mauvais résultats financiers. La baisse de 6,5% des ventes au premier trimestre 2013 et la crainte que le marché européen soit «plus difficile qu'attendu» en 2014 confirment la passe difficile que traverse le premier constructeur automobile français.

Son plan «Rebond 2015» prévoit l'arrêt de la production à Aulnay (3.000 postes directs concernés initialement) en 2014, même si la rumeur enfle d'une fermeture anticipée dès 2013. Un poste sur quatre va disparaître à Rennes et 3.600 emplois dans les effectifs hors production, tous sites confondus. Mais PSA a toujours promis «zéro licenciement».

Un coût estimé à 600 millions d'euros

Le coût initial de ce plan social a été estimé à 600 millions d'euros par le cabinet d'expertise Secafi. Pendant des mois, les organisations syndicales ont plaidé, en vain, pour un reformatage du plan, sans précédent depuis la crise de 2008/2009, lorsque le constructeur avait déjà fait partir 5.700 salariés volontaires.

De même, les pressions du gouvernement, qui avait fustigé les erreurs de stratégie du groupe et son manque de dialogue, sont restées sans effet sur l'ampleur des suppressions d'emploi. En décembre, PSA annonçait qu'entre mi-2012 et mi-2014, plus de 11.200 postes seraient supprimés, avec l'objectif que les effectifs dans l'activité automobile (PCA, Peugeot Citroën Automobile) fondent à 55.989 d'ici à mi-2014 (contre 67.112 fin mai 2012).

Sans attendre la fin de la période de consultation du CCE, des négociations avaient débuté fin octobre sur l'accompagnement des salariés. Aide à la création d'entreprise, indemnités de départ volontaire, formation: ces mesures n'avaient pas satisfait les syndicats, qui en décembre rendaient un avis défavorable.

Des indemnités revues à la hausse

Les négociations ont ensuite repris: les indemnités ont été revues à la hausse, l'accompagnement renforcé, la période d'accompagnement allongée de même que celle du congé de reclassement. Ces avancées ont conduit en mars cinq syndicats représentatifs sur six à donner leur feu vert, y compris la CFDT contre l'avis de ses élus au CCE et du syndicat d'Aulnay.

La CFDT d'Aulnay a en effet rejoint la grève lancée le 16 janvier par la CGT, opposée au plan, qui paralyse depuis la production. La CGT et SUD ont également attaqué le plan de la direction sur le front judiciaire. Les deux syndicats, déboutés vendredi, entendent faire appel. Ce qui n'empêchera pas PSA de poursuivre son scénario: sitôt le plan de sauvegarde de l'emploi enclenché, le groupe passera à la vitesse supérieure en s'attaquant à la compétitivité de ses usines. Des négociations doivent s'ouvrir en mai, pour un accord espéré en octobre. PSA emboitera ainsi le pas de son concurrent Renault qui a signé en mars un accord compétitivité avec trois syndicats et a pu annoncer la semaine dernière la production dès 2016 de la prochaine génération de Nissan Micra à Flins (Yvelines).