En mars, le nombre de chômeurs en France n’a jamais été aussi élevé

SOCIAL Ils étaient 3.224.600 en catégorie A (sans aucune activité), plus que lors du pic historique de 1997...

Mathieu Bruckmüller

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Un bureau du Pôle emploi à Bordeaux.
Un bureau du Pôle emploi à Bordeaux. — SEBASTIEN ORTOLA/20 MINUTES

La série noire continue. Pour le 23ème mois de rang, le ministère du Travail a fait état à 18h ce jeudi d’une nouvelle hausse du nombre de demandeurs d’emploi. En mars, ils étaient  36.900 de plus (+1,2%) qu’au mois de février, l’équivalent d’une ville comme Lens (Pas-de-Calais).

53 mois de hausse depuis 2008

Désormais, ils sont 3.224.600 en catégorie A (sans aucune activité) en France métropolitaine, soit un bond de 11,5% sur un an c'est-à-dire en moyenne près de 1.000 chômeurs de plus par jour. Le pic historique de janvier 1997 (3.205.000 chômeurs sans activité) a donc été franchi. Selon les calculs de la rue de Grenelle, depuis février 2008, le chômage a augmenté pendant 53 mois contre seulement huit mois de baisse.

En incluant les personnes ayant effectué une activité réduite (catégories B et C), 4.741.100 demandeurs d’emploi étaient sur les listes de Pôle emploi en France métropolitaine fin mars (et 5.033.600 en incluant les DOM). Un nombre en hausse de 0,7% sur un mois et de 9,8% sur un an.

Mais si on y ajoute ceux qui sont en formation ou en contrat de sécurisation professionnelle (catégorie D), qui ont un contrat aidé (catégorie E) et tous ceux qui disparaissent des statistiques officielles (les titulaires du RSA, les personnes dispensées ou en temps partiel subi ou découragées), la France compte déjà plus de 9 millions de chômeurs!  

Les seniors et les jeunes les plus touchés

Ce mois-ci, personne n’est épargné. Les plus de 50 ans et les moins de 25 ans paient encore une fois le plus lourd tribut avec une progression (catégories A, B et C) de 1,3% le mois dernier. Elle atteint 1,1% pour les 25-49 ans. Corollaire de la détérioration du marché du travail, le nombre de chômeurs de longue durée a encore progressé de 1,1% le mois dernier ce qui porte la hausse sur un an à 15,1%. «Une situation dramatique car plus on s’installe dans le chômage, plus il est difficile d’en sortir», explique l’économiste Eric Heyer. Ils sont près de deux millions à être inscrit à Pôle emploi depuis au moins un an et même près de 530.000 depuis plus de trois ans.

L’exécutif parie toujours sur une inversion de la courbe du chômage d’ici la fin de l’année. Il mise pour cela sur une batterie de mesures: les 100.000 emplois d’avenir destinés à insérer les jeunes les plus en difficulté, les contrats de génération, la réforme du marché du travail qui sera adoptée définitivement par le Parlement en mai, et sur les 20 milliards d’euros de baisses de charges accordées aux entreprises.

>> Pourquoi le chômage n'a pas fini de battre des records

Un objectif inatteignable selon l’OCDE, pour qui  le taux de chômage en France devrait atteindre 10,9% fin 2013 contre 10,2% aujourd’hui. A ce moment-là, il aura dépassé le record de 1997 qui était de 10,8%. Difficile aujourd’hui de voir la lumière au bout du tunnel. Le FMI et l’OFCE visent un taux de 11,6% à la fin 2014.

Demandeurs d’emploi inscrits et offres collectées par Pôle emploi en mars 2013 (avril 2013) publié par Fil_Economie