Distribution d'électricité: l'UFC juge le système «inefficace et injuste»

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L'UFC-Que Choisir a critiqué jeudi des fortes inégalités entre les départements face aux coupures de courant, dûs à des investissements sous-dimensionnés dans le réseau de distribution de l'électricité, ce dont s'est défendu son gestionnaire ERDF.
L'UFC-Que Choisir a critiqué jeudi des fortes inégalités entre les départements face aux coupures de courant, dûs à des investissements sous-dimensionnés dans le réseau de distribution de l'électricité, ce dont s'est défendu son gestionnaire ERDF. — Bertrand Guay AFP

L'UFC-Que Choisir a critiqué jeudi des fortes inégalités entre les départements face aux coupures de courant, dûs à des investissements sous-dimensionnés dans le réseau de distribution de l'électricité, ce dont s'est défendu son gestionnaire ERDF.

«ERDF (filiale d'EDF qui exploite les lignes basse et moyenne tension, ndlr) se targue d'une récente amélioration du temps moyen de coupure d'électricité», mais «ce discours est très largement en trompe-l'oeil», a déclaré Alain Bazot, président de l'organisation de défense des consommateurs, en présentant jeudi une étude sur le sujet.

Après une forte dégradation (elle avait grimpé de 50 minutes en 2002 à 200 en 2009), la durée moyenne des coupures au niveau national sur le réseau d'ERDF, qui assure la distribution du courant sur la quasi totalité du territoire s'est nettement améliorée, avec un temps moyen revenu à 73 minutes en 2011.

Mais dans le détail, la situation est moins rose. Les écarts vont de 1 à 10 entre le département le mieux et le moins bien loti: 20 minutes à Paris contre 195 minutes dans le Morbihan. La durée va du simple au double ou au triple dans certains départements voisins (45 minutes dans les Deux-Sèvres contre 136 en Vendée, ou encore 48 minutes dans l'Hérault contre 123 dans le Gard).

«Pire, il y a une forte dégradation dans certains des départements les plus touchés», déplore M. Bazot, pointant la quinzaine de départements qui ont vu la situation se dégrader depuis 4 ans, dont certains où la qualité d'alimentation n'était déjà pas à envier.

L'UFC incrimine les investissements en dents de scie dans le réseau d'ERDF, qui ont connu une reprise insuffisante, après une «chute vertigineuse» dans les années 90.

L'association relève qu'ERDF n'a dépensé que 826 millions d'euros l'an dernier pour améliorer la qualité de son réseau (sur un total de 3 milliards investis), alors qu'il faudrait y consacrer 2 milliards par an d'ici 2020, selon la Cour des Comptes.

«L'ambition de l'UFC, c'est de court-circuiter ce système», qui est à la fois «inefficace, coûteux, et injuste», a résumé M. Bazot. Il réclame une meilleure information sur les coupures et la qualité du courant, ainsi qu'une modification de la rémunération d'ERDF et une indemnisation bien plus élevée des consommateurs victimes de longues coupures, pour inciter l'entreprise à améliorer son réseau.

ERDF a réagi en rappelant que ses investissements de maintenance étaient en hausse depuis 3 ans, et qu'il était pervenu à stabiliser le temps de coupure l'an dernier, et ce malgré un npùnre d'événements climatiques quatre fois plus élevés.

«Malgré une accélération des aléas climatiques en 2012 (8 événements significatifs contre 2 en 2011), la distribution de l'électricité en France maintient un bon niveau de qualité», a souligné le gestionnaire de réseau.

ERDF a également rappelé que la Cour des Comptes le considérait que le distributeur d'électricité ayant le meilleur rapport qualité-prix d'Eurpe, et parmi les plus performants en termes de coupures.

Les performances d'ERDF sont aussi régulièrement critiquées par certaines collectivités locales, qui sont propriétaires des réseaux électriques basse et moyenne tension concédés à la filiale d'EDF. L'an dernier, la FNCCR (Fédération nationales des collectivités concédantes et régies) avait même accusé le gestionnaire de réseau de minorer les temps de coupures dues aux intempéries, ce dont ERDF s'était vigoureusement défendu.