Vivendi amorce un recentrage sur les médias avec la vente de Maroc Telecom

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Le conglomérat français Vivendi a annoncé mercredi soir son intention d'examiner "deux offres de reprise engageantes" pour sa filiale Maroc Telecom: une manière de démontrer à ses actionnaires sa volonté, affichée depuis l'automne, de se recentrer sur les médias.
Le conglomérat français Vivendi a annoncé mercredi soir son intention d'examiner "deux offres de reprise engageantes" pour sa filiale Maroc Telecom: une manière de démontrer à ses actionnaires sa volonté, affichée depuis l'automne, de se recentrer sur les médias. — Eric Piermont AFP

Le conglomérat français Vivendi a annoncé mercredi soir son intention d'examiner «deux offres de reprise engageantes» pour sa filiale Maroc Telecom: une manière de démontrer à ses actionnaires sa volonté, affichée depuis l'automne, de se recentrer sur les médias.

Selon une source proche du dossier, Vivendi espère tirer entre 4 et 5 milliards d'euros de la vente de ses 53% dans le principal opérateur marocain. Deux opérateurs du Golfe guignent cette participation majoritaire: l'émirati Etisalat et le qatari Ooredoo (ex-Qtel).

Dans un communiqué laconique diffusé en début de soirée, Vivendi s'est gardé d'identifier les deux repreneurs, promettant juste d'«examiner» leurs propositions «dans les prochaines semaines, dans le meilleur intérêt des actionnaires de Vivendi et de sa filiale Maroc Telecom».

Etisalat et Ooredoo (ex-QTel), dont les noms circulaient depuis les premières rumeurs de cessions l'an dernier, avaient auparavant eux-mêmes confirmé le dépôt effectif d'«offres fermes».

La part de Vivendi dans Maroc Telecom est estimée à 5,9 milliards de dollars (4,5 milliards d'euros). Etisalat, géant émirati des télécommunications, a rappelé qu'il avait manifesté son intérêt pour elle «au mois de janvier 2013».

La réglementation en vigueur au Maroc imposera au repreneur de lancer une offre publique d'achat sur les actionnaires minoritaires de Maroc Telecom, ce qui pourrait lui permettre à terme de détenir plus que les 53% offerts par Vivendi, a souligné Etisalat.

De son côté, l'opérateur du Qatar Ooredoo a indiqué que l'offre avait été approuvée «avec effet immédiat». Et de préciser que les financements nécessaires au rachat avaient été assurés auprès d'un «consortium de banques».

L'ancienne Qatar Telecom (QTel) aurait en effet obtenu le soutien de dix banques pour un financement allant jusqu'à 12 milliards de dollars (9,1 milliards d'euros) en vue de cette opération, selon Les Echos.

Ooredoo serait ainsi soutenue par JP Morgan, Qatar National Bank, Morgan Stanley et HSBC, ainsi que Barclays, Deutsche Bank, Royal Bank of Scotland, Bank of Tokyo Mitsubishi UFJ, Development Bank of Singapore et Citigroup.

Les participations majoritaires de Maroc Telecom dans quatre autres opérateurs d'Afrique de l'Ouest (Mauritanie, Gabon, Burkina Faso et Mali) en font une cible stratégique dans la région.

Etisalat se dit ainsi «convaincu que Maroc Telecom s'intègrerait parfaitement à sa stratégie d'expansion internationale et compléterait son portefeuille d'actifs en Afrique de l'Ouest» .

Emirates Telecommunications Corporation (Etisalat), l'une des plus grosses compagnies du secteur au Moyen-Orient, est présente en Arabie saoudite et en Egypte et a des participations en Afrique et en Asie.

Ooredoo, elle, est active au Koweit, à Oman, en Algérie, Tunisie, Irak, aux Maldives et en Indonésie.

La cession de Maroc Telecom serait une aubaine pour le conglomérat français qui vient d'échouer à céder au prix fort son joyau brésilien des télécoms, GVT.

Le marché a sanctionné ce nouveau cafouillage d'autant plus sévèrement qu'il faisait suite aux discussions avortées avec le cablo-opérateur français Numéricable qui, lui, convoitait la filiale française SFR, valorisée par la maison-mère à plus de 16 milliards d'euros.