Magasin Printemps: L’inquiétude monte à l’approche du rachat par les Qataris

SOCIAL Mediapart s’est procuré un document qui chiffre les pertes d’emploi à venir...

R.L. et M.B.

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Le Printemps, grand magasin du boulevard Haussmann, à Paris.
Le Printemps, grand magasin du boulevard Haussmann, à Paris. — © A. GELEBART / 20 MINUTES

L’avenir du Printemps ne se fera pas sans casse sociale. Mediapart a mis la main sur «Arthur 3», le futur plan d’action établi par la direction sur l’avenir du grand magasin du boulevard Haussmann, à Paris, une fois qu’il sera vendu d’ici l’été aux Qataris pour 1,6 milliard d’euros, selon les estimations.

«Business plan» caché

Interrogé par 20 Minutes, Bernard Demarcq, secrétaire général de l'Ugict-CGT, regrette que ce document achevé début décembre ait jusqu’ici été caché. Jeudi, le DRH Sylvain Morel retrouvera les représentants des salariés pour une troisième réunion consacrée au rachat de l'enseigne qui s’annonce houleuse.

Car selon l’intersyndicale, au moins «226 postes paraissent condamnés». En effet, «le business plan» prévoit la suppression des rayons enfant et bain et la division par deux des produits de la maison, des arts de la table et des meubles. Bernard Demarcq craint au final des répercussions en cascade sur les départements achats, logistiques et comptabilité qui pourraient alourdir les pertes d’emploi. De son côté, Georges Das Neves refuse de spéculer sur les conséquences d’un plan bien antérieur à l’arrivée des Qataris. En effet, la genèse d’«Arthur 3» remonterait à au moins deux ans. «En ce moment, les esprits s’enflamment. On a du mal à garder son calme», tempère le secrétaire général de l'Unsa Printemps.

«Nous sommes les petites mains»

«Nous sommes les petites mains du Printemps, la direction se moque de nous. Nous n'allons pas commencer à psychoter mais c'est inquiétant. D'autant que nos syndicats sont incapables de nous défendre. Ils ont toujours été inexistants. Et alors là face au Qatar, ils ne pourront rien!», s’inquiète une vendeuse du rayon mobilier.

Le Printemps nouvelle version sera un temple dédié au luxe, notamment pour les hommes, afin de «créer un lieu unique, à la fois architecturalement et commercialement, qui doit devenir iconique et incontournable dans le paysage des grands magasins mondiaux», souligne le document. A la clé: une hausse du chiffre d’affaires de 163 millions d’euros. Contacté à plusieurs reprises par 20 Minutes, le service de presse du Printemps n’était pas en mesure de nous répondre pour confirmer l’ensemble de ses chiffres.

Depuis cinq ans, le groupe Printemps, qui compte 16 magasins, se serait délesté de plusieurs centaines d'emplois. «J’en suis à ma cinquième vente. Quand j’ai débuté, nous étions 14.000. Nous ne sommes plus que 3.000. Mais à chaque fois la direction nous a assuré que notre avenir était assuré», ironise Bernard Demarcq.