Accor: Le PDG pourrait être remplacé ce mardi

Reuters

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Denis Hennequin, le PDG d'Accor , est sur la sellette et son éviction de la tête du groupe hôtelier pourrait intervenir dès ce soir dans le cadre d'une réunion du conseil d'administration de la société, rapportent mardi Le Figaro et Les Echos. Selon Les Echos, l'ancien PDG Europe de McDonald's paierait une stratégie trop douce en termes de cession ou d'externalisation d'actifs hôteliers mais aussi de réorganisation de l'entreprise, dans un contexte beaucoup moins favorable à l'hôtellerie, du moins en Europe.

La faiblesse du cours de Bourse pourrait également expliquer cette éviction, Accor étant aujourd'hui valorisé en Bourse 5,9 milliards d'euros, soit un niveau proche de son ancienne filiale Edenred (5,6 milliards d'euros), après avoir baissé de 22% depuis fin 2010. L'inquiétude est vive du côté des syndicats, où l'on redoute une intervention de l'actionnaire principal, le duo Colony Capital-Eurazeo, écrivent Les Echos.

Le Figaro explique d'ailleurs que la tension est "montée haut" entre les protagonistes du dossier, le quotidien précisant que Denis Hennequin aurait notamment tenté de convaincre la Caisse des dépôts et surtout la Banque publique d'investissement de monter au créneau, pour contrer la "stratégie financière" de ses deux premiers actionnaires. Le journal, qui indique qu'un intérim pourrait être décidé ce mardi dans l'attente du recrutement d'un nouveau PDG, rappelle qu'il ne s'agit pas là de la première crise au sein du groupe. Six administrateurs ont ainsi démissionné en 2009, laissant le champ libre à Colony et Eurazeo pour mettre en oeuvre la séparation des activités hôtelières et de l'activité services. Fin 2010, c'est le PDG Gilles Pélisson qui avait dû quitter son poste. En janvier, Franck Riboud, le PDG de Danone, avait préféré quitter le conseil d'administration.

Accor a confirmé qu'un conseil d'administration avait bien lieu en fin de journée mais n'a pas souhaité faire de commentaire sur les informations du Figaro et des Echos. Eurazeo et Colony Capital, qui détenaient ensemble 21,4% du capital d'Accor à fin 2012, se sont également refusés à tout commentaire.