Les Etats dans la tourmente Airbus

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Ils parleront surtout de lui. Le plan de sortie de crise d'Airbus devrait être au coeur des conversations lors du conseil des ministres franco-allemand qui se tient aujourd'hui à l'Elysée. Depuis plusieurs jours, l'affaire a pris une tournure nettement politique. Chaque pays cherche à défendre l'emploi potentiellement menacé par le sévère plan d'économies annoncé pour l'avionneur. L'entreprise réfléchit aussi à une nouvelle répartition de la production entre la France et l'Allemagne. Combatif, le camp allemand a déclaré qu'il s'engagerait « de toutes ses forces » pour le maintien de ses sites. « Nous serons attentifs à ce que les fardeaux soient répartis de façon la plus juste possible », a déclaré Michael Glos, ministre allemand de l'Economie. Côté français, l'Elysée a prévenu : le « seul et unique objectif » que doit avoir Airbus est de « corriger les défauts de structure » responsable de ses difficultés, a indiqué hier l'entourage de Jacques Chirac. « Il est de la responsabilité de l'Etat de regarder très attentivement comment ces choses-là se font. » Une pensée qu'aura à l'esprit Louis Gallois, le nouveau président d'Airbus, en visitant aujourd'hui l'usine d'Hambourg.

Edouard Lederer

Le gouvernement espagnol s'inquiète d'éventuelles suppressions de postes sur son territoire, où Airbus emploie 3 000 personnes. Madrid, qui détient déjà 5,48 % d'EADS, envisage d'augmenter sa part à 10 %.