Affaire Tapie: Christine Lagarde sera entendue par la Cour de justice de la République fin mai

JUSTICE Selon l'avocat de la patronne du FMI...

M.P. et M.B.

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Christine Lagarde le 10 novembre 2011 en Chine.
Christine Lagarde le 10 novembre 2011 en Chine. — AP Photo/Alexander F. Yuan

C'est confirmé. La patronne du FMI, Christine Lagarde, sera entendue dans le cadre de l'affaire Tapie à la fin mai, selon son avocat, devant la Cour de justice de la République. L'information avait été révélée mercredi soir par Mediapart.

D’après certaines observateurs, c’est le dossier qui inquiète le plus Nicolas Sarkozy, et non l’affaire Bettencourt. L’enquête se penche sur l’arbitrage controversé pour régler le litige entre le Crédit Lyonnais et Bernard Tapie, qui a abouti au versement de 403 millions d’euros (intérêts compris) à l’homme d’affaires. Mediapart écrit que la mise en examen de l'ex-ministre de l'Economie de Nicolas Sarkozy, visée par une enquête sur des chefs de «complicité de faux» et de «complicité de détournement de fonds publics» depuis l'été 2011 « paraît «inéluctable».

Information judiciaire parallèlement ouverte

En 2007, alors ministre de l'Economie, Christine Lagarde a choisi de solder par un arbitrage privé un litige judiciaire concernant la revente en 1993, par le Crédit lyonnais, d'Adidas, contrôlé par l'homme d'affaires Bernard Tapie. La directrice du FMI, dont le domicile a été perquisitionné en mars dernier, a démenti toute malversation et a exclu de démissionner du FMI. Les domiciles de son directeur de cabinet de l'époque, Stéphane Richard, actuel PDG de France Telecom, et deBernard Tapie ont également été perquisitionnés fin janvier par la brigade financière.

Une information judiciaire contre X avait été ouverte à Paris le 18 septembre sur la décision de Bercy de recourir à un arbitrage dans le contentieux entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais sur la vente litigieuse d'Adidas par la banque en 1993. Parallèlement à cette procédure, une enquête est ouverte devant la Cour dejustice de la République (CJR) contre la patronne du FMI. L'arbitrage avait au final été rendu en faveur de Bernard Tapie. Le tribunal arbitral, instance privée, avait condamné en juillet 2008 le Consortium de réalisation (CDR), structure créée en 1995 pour gérer le passif du Crédit lyonnais après sa quasi-faillite, à verser à l'homme d'affaires 285 millions d'euros d'indemnités, dont 45 millions à titre de préjudice moral (403 millions d'euros avec les intérêts).