La Polynésie Française engluée dans une crise économique et sociale

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L'ONU soumettra au vote " sans doute cette semaine " la résolution L56, qui porte sur la décolonisation de la Polynésie française, a déclaré dimanche à l'AFP le sénateur (PS) Richard Tuheiava.
L'ONU soumettra au vote " sans doute cette semaine " la résolution L56, qui porte sur la décolonisation de la Polynésie française, a déclaré dimanche à l'AFP le sénateur (PS) Richard Tuheiava. — Gregory Boissy AFP

Le prochain président de la Polynésie, qui sera issu des élections territoriales de dimanche, va devoir s'attaquer à la paupérisation de la population et à une crise économique persistante, sur fond de réformes structurelles douloureuses à mener.

Cette collectivité du Pacifique, dotée d'une très grande autonomie, a fait le choix de ne pas avoir certains filets sociaux qui existent dans l'Hexagone et dans les DOM: il n'existe ni allocation chômage, ni RSA et la Protection sociale généralisée (PSG), la Sécu locale qui assure les retraites, la couverture maladie et une solidarité pour les plus démunis, est déficitaire.

Selon une étude de l'Institut de la statistique en Polynésie française (ISPF) de fin 2009, 28% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté, qui s'établit dans cette collectivité à 408 euros (contre 964 euros en métropole). Les demandes d'aide alimentaire ont été multipliées par cinq en quatre ans, passant de 1.000 familles bénéficiaires en 2006 à 4.300 en 2010, s'inquiète la Direction des Affaires sociales.

Le PIB par habitant est presque deux fois moindre qu'en métropole

Le PIB par habitant est de 17.512 euros , presque moitié moins qu'en métropole, et surtout il a chuté de 10% en sept ans. 20% des ménages les plus riches captent près de la moitié des revenus totaux du territoire, alors que les foyers les plus pauvres n'en perçoivent que 6%.

Le taux de chômage se situe entre 20 et 30%. Quelque 11.000 emplois ont été perdus entre 2008 et 2011 et l'endettement a doublé depuis 2006. Un dispositif pour traiter le surendettement a d'ailleurs vu le jour en 2012. «60 dossiers ont été déposés en 6 mois, c'est un rythme beaucoup plus élevé qu'en Nouvelle Calédonie», a noté Nicolas de Sèze, directeur général de l'Institut d'émission d'outre-mer (IEOM, sous l'autorité de la Banque de France).

Le déclin de l'emploi salarié «se poursuit», la consommation des ménages «marque le pas», l'investissement des entreprises «se stabilise» faute de percevoir une reprise de leur activité et le déficit de la balance commerciale s'alourdit (1,2 milliard d'euros). Tous les pans de l'économie polynésienne sont frappés par la crise, en particulier les principaux secteurs d'activité - tourisme, pêche, perle -, à des degrés divers, ainsi que le BTP qui dépend de la commande publique.