L'industrie (ci-dessus : ArcelorMittal) devrait continuer à détruire des emplois.
L'industrie (ci-dessus : ArcelorMittal) devrait continuer à détruire des emplois. — Reuters

Économie

Le plan de rigueur pourrait « étouffer la reprise »

Crise Selon plusieurs instances, l'Etat a surévalué la croissance à venir

Un effort de 20 milliards d'euros en 2014. Voilà ce que vient de décider le gouvernement. Il prévoit d'économiser 14 milliards sur les dépenses, y compris celles de la Sécurité sociale, et d'augmenter les prélèvements de 6 milliards, notamment en s'attaquant aux niches fiscales.

Ce plan devrait permettre à la France de passer sous la barre des 3 % de déficit public en 2014. A condition que la croissance atteigne 0, 1 % cette année et 1, 2 % l'an prochain, comme le prédit le gouvernement. Or le Haut Conseil des finances publiques a estimé mardi que ces niveaux étaient surévalués. Tout comme l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), qui prévoit une récession cette année (- 0, 2 %) et une croissance de seulement 0, 6 % en 2014. Pour l'OFCE, l'actuelle politique de rigueur «étouffe la reprise». Et dope le chômage.

Alors que la France a perdu près de 100 000 emplois en 2012, l'OFCE prévoit la destruction de 150 000 nouveaux postes cette année et de 110 000 autres en 2014. Le taux de chômage atteindrait alors 11, 6 %, contre 10, 8 % aujourd'hui. L'OFCE s'inquiète aussi des rémunérations des Français. Echapperont-elles à la baisse, alors que les salaires des Espagnols, des Portugais ou encore des Hollandais ont déjà diminué ? L'accord sur l'emploi, actuellement examiné au Parlement, permettra à ce propos aux entreprises en grave difficulté de baisser les salaires de leurs employés pendant deux ans.

Pour l'OFCE, «si le gouvernement économisait»seulement«10 milliards par an, le déficit serait de 3, 5 % fin 2014, mais la croissance atteindrait 1, 4 %». Et avec une croissance supérieure à 1 %, le chômage cesse de progresser. Mardi, les Pays-Bas, jadis fervents partisans de la rigueur, ont renoncé à de nouvelles mesures d'austérité. Ils n'atteindront donc pas 3 % de déficit public en 2014.