Comment l’exécutif va économiser 14 milliards d’euros en 2014

M.B.

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Le premier ministre Jean-Marc Ayrault lors des questions au gourvernement à l'Assemblée Nationale, le 10 avril 2013.
Le premier ministre Jean-Marc Ayrault lors des questions au gourvernement à l'Assemblée Nationale, le 10 avril 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

On commence à y voir plus clair dans la stratégie de réduction des déficits du gouvernement. Son programme de stabilité jusqu’en 2017 dévoilé ce merci matin en Conseil des ministres trace les grandes lignes des économies qui seront nécessaires d’ici la fin du quinquennat pour rétablir les comptes publics. Si l’objectif des 3% est abandonné pour 2013, Matignon vise un déficit de 2,9% en 2014.

Lutter contre la fraude

Pour y parvenir, l’ajustement nécessaire se chiffre à 20 milliards d’euros. «30 % de l’effort portera sur des recettes supplémentaires, par des mesures permettant notamment de renforcer la lutte contre la fraude fiscale et par une réduction du coût des niches fiscales et sociales, dont certaines constituent des dispositifs dérogatoires inefficaces et injustes», indique le communiqué de presse transmis par l’Elysée. En revanche et c’est un tournant avec les 30 milliards d’ajustement qui avaient pesé aux deux tiers sur des hausses d’impôts, l’an prochain 70% de l’effort portera sur la dépense publique.

Dans le détail, l’Etat verra ses dépenses diminuer de 7,5 milliards d’euros. Les dotations aux collectivités locales seront amputées de 1,5 milliard d’euros. Le solde, 5 milliards d’euros, est réservé aux dépenses de protection sociale. Ainsi, outre les 3 milliards d’euros d’économies à chercher dans les dépenses de santé, les pensions complémentaires seront aussi mises à contribution pour 1 milliard d’euros tout comme les allocations familiales.

Equilibre précaire

Au final, le gouvernement espère que ces mesures seront suffisantes pour ramener le déficit budgétaire sous la barre des 3%. Un équilibre qui repose sur une prévision de croissance de 1,2% en 2014. Mais celle-ci pourrait se révéler caduque. Mardi, Le Haut Conseil des finances publiques, la nouvelle instance indépendante de contrôle mise en place le 21 mars, a émis de sérieux doutes.

L’OFCE table sur une croissance de seulement 0,6% l’an prochain. Résultat, il faudrait trouver non pas 20 mais 28 milliards d’euros pour atteindre les 3% de déficit.

 
Ministère de l'Economie et des Finances : Le programme national de réforme (17/04/2013) publié par Fil_Economie