Inde: l'industrie navale coulée par une loi antipiraterie

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Dans le port de Mandvi, dans l'ouest de l'Inde, Shailesh Madiyar scrute désespérément le chantier naval, autrefois rempli de carcasses de bateaux en construction. Aujourd'hui plus rien n'accroche son regard.
Dans le port de Mandvi, dans l'ouest de l'Inde, Shailesh Madiyar scrute désespérément le chantier naval, autrefois rempli de carcasses de bateaux en construction. Aujourd'hui plus rien n'accroche son regard. — Sam Panthaky AFP

Dans le port de Mandvi, dans l'ouest de l'Inde, Shailesh Madiyar scrute désespérément le chantier naval, autrefois rempli de carcasses de bateaux en construction. Aujourd'hui plus rien n'accroche son regard.

Les attaques des pirates somaliens contre les navires de commerce ont provoqué indirectement la lente agonie de l'industrie navale qui était florissante depuis des siècles sur les côtes occidentales de l'Inde.

Elles ont forcé l'Inde à restreindre la navigation de certains bateaux pris pour cibles par les pirates, asphyxiant le commerce séculaire qui faisait vivre cette bourgade assoupie du Gujarat et désespérant marchands et constructeurs.

«Il y a encore quatre ans, on pouvait compter jusqu'à vingt bateaux en cours de construction en même temps. Maintenant, il n'y en a plus que deux. Et seuls cinq ou six navires sont construits chaque année», se lamente Shailesh Madiyar, membre de l'association des constructeurs de bateaux à Mandvi.

Une dizaine de petits navires à voile traditionnels à moitié construits gisent sur le flanc, abandonnés comme des squelettes dans un cimetière marin.

A Mandvi, située sur les rives du fleuve Rukmavati qui se jette dans la mer d'Arabie, l'industrie navale et la marine marchande prospéraient main dans la main depuis des lustres.

Les deux industries ont été frappées par une interdiction de navigation de certains bateaux dans les eaux au large de la Somalie qui les prive d'accès aux lucratives destinations commerciales de la côte africaine.

Cette mesure prise en mars 2010 par la Direction générale de la navigation (DGS) réagissait à la capture par des pirates, en quelques jours, de huit embarcations venant du Gujarat, avec à leur bord près de 100 membres d'équipage indiens.