Le Vietnam aiguise les appétits

Mathieu Bruckmüller

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Le Vietnam compte 90 millions d'habitants, dont une classe moyenne de 6 millions d'individus.
Le Vietnam compte 90 millions d'habitants, dont une classe moyenne de 6 millions d'individus. — M. LONGHURST / REX / SIPA

«Nos entreprises ont besoin de croissance et il faut la trouver où elle est, parfois loin de l'Europe.» Pour Vianney de Chalus, patron des chambres de commerce internationales, le grand export est devenu «une question de vie ou de mort». Or, pour l'heure, l'international est en France une affaire de grands groupes. Plus pour longtemps sans doute. «Je vais voir si, à terme, nous ne pourrions pas créer une usine au Vietnam pour vendre nos produits en Asie du sud-est», résume Théo Efstathtiou, responsable de la recherche et du développement de Sojasun, dans l'avion qui l'amène à Hô-Chi-Minh-Ville. Comme lui, une centaine de dirigeants français, surtout de PME, ont rencontré la semaine dernière 500 chefs d'entreprise vietnamiens pour renforcer les partenariats entre les deux pays.

La carte du made in France


Le potentiel du Vietnam, 90 millions d'habitants, a de quoi faire rêver. Si la croissance a ralenti à 5, 03 % en 2012, elle devrait atteindre 6, 3 % en 2013. Avec une classe moyenne évaluée à six millions de personnes, les perspectives sont alléchantes. Que ce soit dans les domaines des transports, de l'agroalimentaire ou encore de la santé, les besoins ne manquent pas. Même pour le luxe. Fabienne Petit, fondatrice des Producteurs de caractère, une épicerie fine en ligne, est heureuse de «mettre en avant le savoir-faire français dans ce pays qui y est sensible». Ici, le «made in France» a une carte à jouer. Surtout au moment où commence l'Année de la France au Vietnam, célébrant les 40 ans de relations entre les deux pays.

Car, malgré les tourments du passé, l'empreinte française est encore très présente comme le prouve la façade de l'hôtel de ville. Mais l'Hexagone n'a pas encore profité de cet avantage. Sa part de marché dans ce pays n'est que de 1 %. L'ambition de Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, est de la doubler d'ici à cinq ans.