La menace de l'inflation recule pour les grandes banques centrales

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L'inflation est suffisamment maîtrisée dans les pays riches pour permettre aux banques centrales de poursuivre leur politique de relance et d'injections massives de liquidités, en dépit de certains risques, a estimé mardi le Fonds monétaire international (FMI).
L'inflation est suffisamment maîtrisée dans les pays riches pour permettre aux banques centrales de poursuivre leur politique de relance et d'injections massives de liquidités, en dépit de certains risques, a estimé mardi le Fonds monétaire international (FMI). — Saul Loeb AFP

L'inflation est suffisamment maîtrisée dans les pays riches pour permettre aux banques centrales de poursuivre leur politique de relance et d'injections massives de liquidités, en dépit de certains risques, a estimé mardi le Fonds monétaire international (FMI).

«Les craintes d'une inflation élevée ne doivent pas dissuader les autorités monétaires de poursuivre leur politique fortement accommodante», a indiqué le Fonds dans un rapport publié à Washington.

Plusieurs banques centrales de pays riches, notamment la Fed aux Etats-Unis et la BCE en Europe, sont engagées dans une politique mêlant rachat d'actifs et abaissement des taux d'intérêts afin d'injecter des liquidités sur le marché dans l'espoir d'éviter un resserrement du crédit.

Critiquée par certains pays émergents, cette politique expansionniste a pour effet mécanique d'augmenter la masse monétaire en circulation, au risque d'alimenter des poussées inflationnistes.

Dans son rapport, le FMI affirme toutefois que ce risque est actuellement «faible» précisément grâce aux banques centrales qui contribuent à la stabilité des prix en se tenant fermement à leur objectif d'inflation.

Le chômage élevé a aussi pour conséquences de limiter les pressions pour une augmentation des salaires qui pourraient mécaniquement entraîner les prix à la consommation à la hausse.

A l'heure où les injections de liquidités sur le marché font craindre une surchauffe de l'économie, le FMI se veut par ailleurs plutôt rassurant.

«Une stimulation excessive mais temporaire de l'économie, qui viendrait d'une perception erronée de la perte de richesse, ne devrait avoir qu'un effet limité sur l'inflation», écrit le FMI dans son rapport, prélude à ses perspectives économiques mondiales publiées mardi prochain.

Interrogé spécifiquement sur la Banque centrale européenne, l'auteur du rapport, John Simon, a ainsi estimé qu'un dépassement «momentané» de l'objectif d'inflation dans la zone euro pourrait être aisément «inversé» et «n'aurait aucun effet durable».

«Cela n'aurait aucun impact sur sa crédibilité», a-t-il souligné lors d'une conférence de presse.

En écho à certaines critiques adressées à la BCE, dont la mission est centrée sur la stabilité des prix, l'expert du FMI a estimé qu'il y avait «lieu de réfléchir» sur le fait de savoir les objectifs d'inflation actuels étaient le «meilleur moyen de maximiser le bien-être des sociétés».

«Est-il possible d'affiner ce qui a été fait dans des périodes plus stables où le niveau de chômage n'était pas aussi élevé, afin d'améliorer les choses?», s'est interrogé M. Simon.

Dans son rapport, le Fonds met également en garde contre certains risques, rappelant que la maîtrise des prix à la consommation dans les années 2000 s'était, en parallèle, accompagnée d'une flambée de certains actifs, notamment immobiliers

«Ces bulles immobilières ont contribué à déstabiliser le système financier mondial», souligne le Fonds, assurant que des prix à la consommation stables n'étaient pas synonymes «d'absence de déséquilibre».

Certaines banques centrales, qui ont acquis massivement des obligations d'Etat, pourraient par ailleurs être soumises à des «pressions politiques» au risque d'ébrécher une indépendance que le Fonds juge cruciale.