Portugal: le gouvernement gèle les dépenses non essentielles

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Le gouvernement portugais de centre droit a décidé de geler toutes les dépenses publiques non essentielles, suite à l'invalidation par la Cour constitutionnelle de plusieurs mesures d'austérité qui a compliqué la réalisation des objectifs budgétaires du pays.
Le gouvernement portugais de centre droit a décidé de geler toutes les dépenses publiques non essentielles, suite à l'invalidation par la Cour constitutionnelle de plusieurs mesures d'austérité qui a compliqué la réalisation des objectifs budgétaires du pays. — Patricia de Melo Moreira AFP

Le gouvernement portugais de centre droit a décidé de geler toutes les dépenses publiques non essentielles, suite à l'invalidation par la Cour constitutionnelle de plusieurs mesures d'austérité qui a compliqué la réalisation des objectifs budgétaires du pays.

L'administration publique et les entreprises publiques «ne peuvent (...) assumer de nouveaux compromis sans autorisation préalable du ministre des Finances», Vitor Gaspar, selon une instruction du ministère datée de lundi et publiée mardi sur le site du journal Diario Economico.

Cette décision a été prise après que la Cour constitutionnelle a jugé non conformes à la Constitution plusieurs mesures inscrites au budget de l'Etat pour 2013, marqué par une hausse généralisée des impôts.

La Cour a notamment considéré discriminatoire la suppression pour les fonctionnaires et les retraités de leur 14e mois de salaire ou de leur pension.

Suite à ce verdict, «il est nécessaire d'adopter des mesures qui renforcent le contrôle de l'exécution budgétaire et par conséquent de restreindre les dépenses du secteur public administratif», a souligné le ministère des Finances dans son adresse aux administrations.

Dans une intervention solennelle après le décision de la Cour constitutionnelle, le Premier ministre Pedro Passos Coelho avait indiqué que le gouvernement aller procéder à des coupes significatives dans les budgets de la Santé, de l'Éducation et de la Sécurité sociale.

La décision de la Cour prive le gouvernement d'économies estimées à 1,3 milliard d'euros, compliquant la tâche de ramener cette année le déficit public à 5,5% du PIB comme le réclame la «troïka» (EU-FMI-BCE) représentant les créanciers du Portugal, sous assistance financière depuis mai 2011.

Afin d'analyser les nouvelles mesures à prendre, la «troïka» se rendra prochainement au Portugal pour une visite supplémentaire avant sa huitième évaluation régulière prévue en mai.

La Commission européenne s'est également inquiétée des difficultés auxquelles le Portugal fait désormais face et lui a rappelé ses obligations, soulignant que «tout écart des objectifs du plan d'aide ou leur renégociation neutraliserait les efforts déjà accomplis par les citoyens portugais ou prolongerait leurs difficultés».

M. Passos Coelho a toutefois assuré que son gouvernement «respectera tous les objectifs du programme d'aide», de 78 milliards d'euros, accordé par l'UE et le FMI.