Washington veut que les pays qui le peuvent soutiennent la demande

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Le secrétaire américain au Trésor Jack Lew a appelé mardi les pays qui en avaient "la capacité" à soutenir la demande des consommateurs pour donner un coup de pouce à la conjoncture, lors d'une conférence de presse avec son homologue allemand Wolfgang Schäuble.
Le secrétaire américain au Trésor Jack Lew a appelé mardi les pays qui en avaient "la capacité" à soutenir la demande des consommateurs pour donner un coup de pouce à la conjoncture, lors d'une conférence de presse avec son homologue allemand Wolfgang Schäuble. — Johannes Eisele AFP

Le secrétaire américain au Trésor Jack Lew a appelé mardi les pays qui en avaient «la capacité» à soutenir la demande des consommateurs pour donner un coup de pouce à la conjoncture, lors d'une conférence de presse avec son homologue allemand Wolfgang Schäuble.

«Le moteur de la croissance économique sera la demande des consommateurs», a dit M. Lew. «Des politiques qui soutiennent la demande dans les pays qui en ont la capacité seront utiles», a ajouté le ministre, en poste depuis fin février et qui effectue sa première visite en Europe.

Ce voyage l'a déjà mené à Bruxelles et Francfort lundi, et se poursuivra à Paris puis Rome.

M. Schäuble a répondu que les Européens étaient «suffisamment occupés à s'expliquer les choses» pour avoir le temps de donner ou recevoir des conseils d'autrui.

Les deux ministres, qui se rencontraient pour la première fois, ont eu à coeur d'afficher une parfaite entente. «(M. Schäuble) et ses équipes travaillent très dur pour répondre aux défis en Europe et rendre l'Europe plus résistante», a ainsi déclaré M. Lew. «Nous partageons les mêmes objectifs, la croissance et la discipline budgétaire», a-t-il affirmé.

Lundi déjà, au terme de ses entretiens avec plusieurs dirigeants européens dont le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, M. Lew avait appelé l'Europe à en faire plus pour la croissance, et insisté sur l'importance d'une économie européenne solide pour la bonne santé de la conjoncture aux Etats-Unis.

Mardi l'Américain a aussi jugé «cruciale pour l'Europe» la mise sur pieds en zone euro d'une union bancaire, telle qu'elle est en préparation.

Ses propos sur la croissance prennent une dimension encore plus forte en Allemagne, première économie européenne, considérée par beaucoup comme tirant les ficelles en zone euro et ayant imposé à ses partenaires la cure d'austérité qui a cours.

L'économie allemande s'en sort beaucoup mieux que ses voisines, et le pays affiche une relative santé financière. Dans ce contexte, les appels du pied en direction de Berlin pour en faire plus pour la croissance ne datent pas d'hier et ne sont pas le seul fait des Etats-Unis.

Mais M. Schäuble a répété mardi qu'il ne considérait pas que croissance et discipline budgétaire étaient antinomiques. «J'ai l'impression qu'il y a souvent une perception erronée», à ce sujet, a-t-il dit, «personne en Europe ne voit de contradiction entre consolidation budgétaire et croissance».

Evoquant la question de l'évasion fiscale et des paradis fiscaux, qui occupe beaucoup les esprits après les révélations fracassantes de plusieurs médias la semaine dernière, M. Schäuble a déclaré que le thème serait «un sujet important à la réunion de printemps du Fonds monétaire international (FMI) la semaine prochaine», et que sur ces sujets Etats-Unis et Europe «(travaillaient) dans la même direction».