Allocations familiales: Des pistes qui coupent court au déficit?

SOCIAL Le président du Haut conseil de la famille rend son rapport mardi à Matignon...

Claire Planchard

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Une caisse d'allocations familiales (CAF) à Paris, en 2013.
Une caisse d'allocations familiales (CAF) à Paris, en 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Combler le déficit de la branche famille de la Sécurité sociale d’ici 2016: c’est l’objectif du rapport commandé le 23 janvier à Bertrand Fragonard, le président du Haut conseil de la famille (HCF). Mais avant même d’être rendu mardi à Jean-Marc Ayrault, son projet fait déjà polémique.

Nouveau critère de revenus

Parmi ses propositions pour économiser les 2,14 milliards en trois ans: moduler en fonction du revenu l’allocation versée aujourd’hui sans condition de ressources à 4,7 millions d’allocataires. «Le rapport propose une baisse progressive jusqu’à 25% du montant total pour les 20% des foyers les plus aisés (environ 7.500 euros par mois pour un couple avec deux enfants)», détaillait dimanche Jean-Marie Bonnemayre, le président du Conseil national des Associations familiales Laïques. De quoi rapporter de 450 millions à 1,55 milliard d’euros si le plafond était abaissé à 3.885 euros.

«On assure que tout le monde touchera une prestation mais avec 32 euros par mois, on n’est pas dupes: il y a un risque de sortir du système universel de sécurité sociale», s’inquiète Jean-Louis Deroussen, le président de la Caisse nationale d’allocations familiales.

Autre piste: abaisser le plafond du quotient familial de 2.000 euros par enfant à 1.500 euros pour les hauts revenus. Avec un gain estimé à 915 millions d’euros.

Bien mais insuffisant, jugent des spécialistes. «Il faut aussi travailler sur les sources de financement et une réforme globale de la fiscalité», note Aminata Kone, secrétaire générale adjointe de la Confédération syndicale des familles.